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Suite Midnight Sun [fanfiction]

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laure

loup-garou
Féminin Age: 36
Localisation: Près de la rivière
Humeur: Ca dépend des jours
MessageSujet: Suite Midnight Sun [fanfiction] Sam 20 Fév - 12:17

Edit Cralisle : Ceci est une suite de midnight sun non écrit par Stephenie Meyer. [FANFICTION]

Chapitre 13

Cette nuit là me parut très longue. Je voulais faire ce que je faisais toutes les nuits. Voir Bella dans son sommeil, la regarder dormir était si apaisant pour moi. Mais je redoutais d'être encore confronté à ce courant électrique qu'il y avait eu entre nous. Je pouvais encore le sentir. Si intense, si dévastateur pour ma volonté.

Je me bornais à trouver des distractions pour résister, pour ne pas faire d'erreur. J'essayais d'imaginer les questions que je lui poserai demain, les réponses qu'elle pourrait me donner, ou plutôt que j'allais lui arracher. Bella en dévoilait tellement peu sur elle-même, que j'allais sûrement devoir la questionner sur la moindre petite chose pour connaître enfin ses secrets. Je voulais gagner sa confiance afin qu'elle se confie à moi.

Ma rêverie m'entraîna sur le chemin interdit des projets. Je m'imaginais seul avec Bella. Je n'avais plus les yeux dorés, mais vert, leur couleur naturelle de ma vie d'avant. Ce serait tellement plus simple ainsi, si je n'étais pas un vampire. Je pourrais enfin la toucher sans avoir peur de la blesser ou de la tuer à chaque seconde. Je secouais la tête pour chasser ces pensées qui me faisaient souffrir inutilement. Je souffrais déjà assez de ne pas pouvoir être avec elle comme je le souhaitais... inutile d'en rajouter.

Mes tentatives de distraction avaient été vaines. Il fallait que je voie Bella, maintenant. C'était un besoin vital pour ma santé mentale seulement, étant donné que c'était la seule chose qui me restait. Cette décision m'emplit de joie, ce qui anéantit toutes mes résolutions de ne pas commettre d'erreur.

Au moment où j'essayais de remettre de l'ordre dans mes idées, de poser des limites fermes quand je serais près de Bella endormie, Alice m'interrompit.

----- - Tu vas la rejoindre n'est-ce pas ?
----- - Oui.
----- - Tu ne veux toujours pas que je lui parle ? Ça ne fait rien, continua-t-elle avant même que j'aie pu répondre, ce n'est plus qu'une question de temps maintenant.

J'ignorais ses pensées et me focalisais sur les miennes, je préférais ne pas penser au moment où Alice et Bella seraient de grandes amies, comme le prédisait les visions d'Alice.

Je courus jusqu'à la maison de Bella, passais rapidement et sans bruit par sa fenêtre. J'allais m'installer comme à mon habitude dans le rocking-chair, ma peau recommença à me picoter.

Bella était très agitée dans son sommeil, je ne l'avais jamais tant vu bouger en dormant. J'espérais que ce ne soit pas des cauchemars où je serais le méchant. Après tout, son subconscient pouvait peut-être avoir réellement saisi le danger que je représentais, et qu'elle refusait de voir. Elle murmura alors mon prénom avec tellement de tendresse que je n'avais plus de doute sur l'objet de ses rêves. Elle rêvait de moi, non pas comme le méchant de l'histoire, mais comme le prince charmant. Cela me fit rire malgré moi. C'était tellement ironique. Je n'avais rien d'un prince charmant, mais c'était plutôt flatteur.

Ses doux murmures reprirent, cette fois plus explicites :

----- - hm mm mon Apollon. Mmm Edward, je t'aime. Non, ne t'en vas pas ! Sa main tendue vers son rêve

Elle m'aimait ! J'avais du mal à en croire mes oreilles, comment pouvait-elle objectivement tomber amoureuse de moi ? Cette fois encore, le bonheur me submergea avec une force que je n'avais pas prévue. Mes pieds se dirigeaient tous seuls vers son lit, je mourrais d'envie de la serrer contre moi, de répondre à son appel. Non, pas d'erreur. Je me l'étais promis. Il était hors de question que je la réveille.

Soudain, comme pour répondre à ma bataille intérieure, elle ouvrit les yeux. Je me figeais. Bien sûr dans la pénombre de sa chambre, il était impossible qu'elle me voie. Cependant, il fallait que je me glisse hors de sa vue, juste au cas où. Elle m'offrit alors la seconde que j'attendais, elle détourna les yeux pour allumer sa lampe. Une fois dehors, l'atmosphère était différente, je le remarquais seulement maintenant : j'avais ressenti la même tension, la même électricité, le même désir, que lors du cours de science nat.

Que pouvais-je conclure de cette constatation ? Bella et moi étions-nous attirés tel des aimants ? Comment pouvais-je lutter contre cette attraction si forte ? Cela me donnait une excuse supplémentaire pour retourner dans sa chambre dès qu'elle eut éteint la lumière. Mais la magie avait été rompue, elle dormit enfin sereinement le reste de la nuit. Peut-être avait-elle senti ma présence ? Cette seule pensée me combla de joie.

Alors que je m'apprêtais à partir, ses lèvres remuèrent une dernière fois.

----- - C'est trop vert !

Je ne pus retenir un éclat de rire qui se perdit dans la nuit, tandis que je me dirigeais vers la fenêtre ouverte. Heureusement, je n'avais pas ris assez fort pour la réveiller une seconde fois. Elle dormait paisiblement et profondément. Je pouvais partir l'esprit tranquille.

Avant que le jour ne se lève complètement, je retournais chez moi, pour me changer et prendre ma voiture afin d'accompagner Bella au lycée. Hors de question qu'elle échappe à mon interrogatoire !

Je me garais devant chez elle et attendis dans ma voiture, je voulais lui laisser le choix. C'était à elle de choisir ma compagnie, même si j'étais sûr de ce qu'elle choisirait. Je l'entendais déjà dévaler l'escalier et la vis se précipiter dehors. Elle approcha d'un pas hésitant, puis ouvrit la portière et s'installa à côté de moi. De nouveau un sentiment de plénitude me submergea.

----- - Bonjour, lui dis-je, comment vas-tu aujourd'hui ? Je constatais sur son visage les traces de sa nuit agitée.
----- - Bien, merci, dit-elle comme si de rien n'était.
----- - Tu parais fatiguée, pourtant, lançais-je finalement. Entre ami, on pouvait remarquer les cernes de l'autre, c'était normal. "Amis", ce terme ne me convenait décidément pas !
----- - Je n'ai pas dormi, avoua-t-elle. Ça, je le savais déjà, c'était la cause que je voulais connaître. Mais si je le lui avais demandé directement, elle aurait deviné que je lui cachais quelque chose.

Elle mit sa main dans ses cheveux, ce qui amplifia sa délicieuse odeur. J'arrivais à me contrôler un peu plus maintenant, essayant de me concentrer sur autre chose.

----- - Moi non plus, rigolais-je en mettant le contact.
----- - J'ai quand même dû dormir un peu plus que toi, objecta-t-elle.
----- - J'en suis persuadé. J'en étais sûr en fait, puisque j'avais été aux premières loges.
----- - Alors, à quoi as-tu consacré ta nuit ?

La voilà qui recommençait avec ses questions, cette fois c'était mon tour, elle savait déjà assez de choses sur moi. De plus, elle avait toujours l'art et la manière de poser la question à laquelle je ne voulais pas répondre.

----- - Bien tenté, mais c'est à mon tour de poser les questions, je te rappelle.
----- - Oh, j'avais oublié. Que veux-tu savoir ? demanda-t-elle comme si la question allait être vite réglée... mais elle se trompait ! Une journée n'y suffirait pas. Une excuse supplémentaire pour passer du temps avec elle. J'en jubilais intérieurement.
----- - Quelle est ta couleur préférée ? Autant commencer par des choses simples, la connaissant, elle ne me faciliterait pas la tâche. Je décidais donc d'y aller crescendo.
----- - Ça varie selon les jours.

En effet, je ne m'étais pas trompé, elle commençait déjà a esquiver des questions toutes simples. Tout compte fait même deux jours entiers n'y suffiraient pas !

----- - Quelle est ta couleur préférée aujourd'hui ? Insistais-je. Je voulais obtenir des réponses, cette fois, elle n'y couperait pas.
----- - Le marron, sans doute.
----- - Ah bon ? Je ne compris pas son hésitation. Une fois de plus sa réponse me surprit, je m'étais attendu au jaune, couleur du soleil qui lui manque tant.
----- - Oui. C'est une couleur chaude, expliqua-t-elle. Elle me manque. Tout ce qui est censé être brun, les troncs, les rochers, la boue, est couvert de mousse verte, ici.

Ainsi, tout s'expliquait ! Je ne pus retenir un sourire en repensant à son expression de cette nuit : "c'est trop vert !"
Je n'étais pas loin de la vérité tout compte fait. Mon esprit rapide de vampire me permit à la fois d'analyser sa logique fascinante qui associait le vert à l'humidité et le marron à la chaleur, tout en me perdant dans son regard chocolat. En temps normal, j'aurais associé la couleur du sable ou du soleil à la chaleur. Mais ses yeux et ses cheveux bruns irradiaient tellement à côté de moi, que je ne pouvais contester ce qu'elle venait de me dire.

----- - Tu as raison, reconnus-je, le brun est chaud. Ceci était d'autant plus vrai que je pouvais sentir la chaleur irradier de sa peau derrière ses mèches brunes. Je voulus alors vérifier par moi-même, je repoussais une mèche de ses cheveux derrière son épaule, puis je me souvins que je devais lui éviter tout contact qui pouvait lui être désagréable. Ne venait-elle pas de reconnaître que la chaleur lui manquait ? Être chaud, moi aussi, ce serait vraiment plus pratique. Elle n'esquiva pas mon geste. Au contraire, elle se rapprocha comme une invitation à la caresse. Comme pour réaliser son rêve. J'en étais bouleversé. Son corps me donnait les réponses que ses pensées me refusaient.

Nous étions arrivés au lycée, elle ne sembla pas le remarquer aussitôt. Je réfléchissais à une question précise à laquelle elle ne pourrait pas se dérober.

----- - Qu'as-tu comme musique en ce moment dans ton lecteur de CD ? J'espérais vraiment qu'elle accepte enfin de se confier à moi. Ma question était assez précise et simple à mon avis pour qu'elle y réponde sans esquive.

Elle me répondit qu'elle avait laissé le CD de Miyavi que lui avait offert son beau-père dans son lecteur. Je connaissais ce groupe, mais ce n'était pas un de mes favoris. Je le sortis du compartiment, pour le lui montrer.

----- - Tu préfères ça à Debussy ? Pour moi, c'était incomparable. J'allais devoir lui apprendre à aimer le piano !

Je continuais ainsi toute la journée, sans me lasser, elle était tellement passionnante. Mais bien évidement, elle essaya d'esquiver une bonne partie de mes questions. Elle se trahissait quand elle ne voulait pas me répondre honnêtement en rougissant d'une manière adorable.

Ainsi, grâce à ce détecteur de mensonge, je pouvais aisément la questionner d'avantage sur les sujets qu'elle voulait éviter. Ce fut le cas lorsque je voulus savoir quelle était sa pierre précieuse préférée. Je ne compris pas pourquoi cela la gênait. Elle me répondit que c'était la topaze, et ses joues s'embrasèrent immédiatement. Je pris alors un malin plaisir à connaître les raisons de ce rougissement spontané. La topaze est une belle pierre, pourquoi serait-elle embarrassée ? Elle refusait de me dire la vérité. Je fis alors appel à mes talents de persuasion. Malheureusement pour moi, elle avait anticipé cela aussi, car elle refusait de me regarder dans les yeux, il m'était alors impossible de l'éblouir. Mon inaptitude à lire ses pensées était de plus en plus frustrante. Je me bornais alors à lui demander pourquoi elle était si embarrassée. A ma plus grande surprise, et satisfaction, elle obtempéra enfin, elle évitait cependant de me regarder, je le regrettais, j'aimais tellement lire dans ses yeux ce qu'elle voulait me cacher. Elle était concentrée sur la mèche de cheveux qu'elle tortillait.

----- - C'est la couleur de tes yeux aujourd'hui, soupira-t-elle. Si tu me posais la question dans deux semaines, j'imagine que j'opterais pour l'onyx.

Elle en avait dit plus que ce que j'avais espéré. Ce petit aveu en disait long, très long. J'avais du mal à réaliser tout le sens qu'il prenait. Je comprenais mieux pourquoi elle n'osait pas me dire ce qui la gênait, pourtant, il n'y avait pas à avoir honte. Moi aussi, ma couleur préférée en cet instant aurait pu être la couleur de ses yeux. Je ne pouvais pas lui en vouloir. Je n'avais cependant pas l'intention de laisser paraître mon trouble. Il était hors de question que mon interrogatoire s'arrête maintenant. Je n'en savais pas encore assez sur elle.

----- - Quelles sont tes fleurs préférées ? Continuais-je

Je posais donc mes questions inlassablement jusqu'au cours de science nat, et ses réponses me fascinaient toujours autant. J'avais vraiment beaucoup de mal à me détacher de l'emprise qu'elle avait sur moi. Je devrais cependant attendre la fin du cours pour reprendre là où l'on s'était arrêté. J'aurais aimé que Bella propose de sécher le cours de Mr Banner, mais ce n'était pas dans son caractère, elle était responsable, je ne pouvais pas le lui reprocher. N'empêche, ce film me paraissait interminable.

C'était l'instant redouté. J'espérais que la magie de la pénombre refasse effet, ce sentiment était tellement nouveau pour moi, mais en même temps je l'appréhendais. Cette tension électrique entre nos deux corps était réellement perturbante, et pas seulement pour moi vu la façon dont s'était figée Bella la dernière fois, cela avait du lui être vraiment inconfortable.

Comme au dernier cours, je n'éloignais pas ma chaise d'elle, je me rapprochais un peu au contraire, mais pas assez pour qu'elle le remarque néanmoins. Je ne gardais qu'un espace suffisant pour respirer. Je sentais la chaleur de son corps sur mon flanc. Ce n'était pas désagréable, mais au contraire comparable à une caresse qui me réchauffait. Nous étions si proche l'un de l'autre, isolés des autres par l'obscurité de la pièce. Je vis ma main se tendre vers Bella, l'effleurer ne lui ferait pas de mal, je pense même qu'elle serait plutôt d'accord. Cependant, je ne pouvais pas me le permettre. Je ne voulais pas lui imposer la froideur de ma peau.

Pour éviter tout mouvement incontrôlé, je croisais mes bras et serrais les poings. Je sentais ce désir qui n'était pas la soif, si nouveau pour moi, qui grandissait et défiait mon self-control. Je tentais de lutter contre lui. Pour m'aider, je décidais d'étudier la position de Bella, cela m'en apprendrait peut-être plus sur elle. Grâce à elle, je percevais une nouvelle façon de lire les sentiments humains. C'était plus subtil et en même temps plus fort. Et je progressais de jour en jour !

Elle était penchée sur sa paillasse, menton sur ses bras croisés, doigts agrippés au rebord de la table, elle semblait très tendue et très concentrée en même temps. Elle avait le regard rivé sur l'écran sans voir le film pour autant. Cette fois encore le fait de ne pas lire ses pensées m'agaça au plus haut point. Et je ne pouvais pas le lui demander, la salle était trop silencieuse. Elle ne croisa mon regard à aucun moment. Ce n'était pas plus mal, car si j'avais plongé mes yeux dans la profondeur des siens, je n'aurais pu m'en détacher, et j'aurais sûrement perdu mon self-control.

Par moment son corps se penchait très légèrement vers moi. Était-ce dû à cette attraction électrique, ou était-ce un mouvement pour déraidir ses muscles ? Seul un vampire était capable de rester pétrifié des heures ainsi, il était donc normal qu'elle bouge, ne serait-ce qu'un mouvement infime, pour relaxer un tant soit peu son corps crispé par la concentration. Je me demandais pourquoi elle déployait tant d'efforts. Je me souvins alors de cette nuit, nous étions attirés comme des aimants. Elle ressentait la même tension que moi, le même désir, mais elle n'était pas obligée de lutter comme moi, ou alors, avait-elle perçu les conséquences que cela pouvait avoir sur sa vie ? Je ne pense pas, elle était trop confiante pour ça !

Finalement, l'heure s'écoula, lentement d'un sens et rapidement pour d'autres raisons. Je luttais contre moi-même entre rationalité, désir et prudence. La prudence arracha la victoire de justesse quand les lumières se rallumèrent.

Bella me regarda enfin, d'un regard interrogateur. Elle ne comprenait pas mieux que moi ce qui venait de se reproduire alors que nous nous trouvions dans le noir.

Je l'accompagnais jusqu'au gymnase pour son prochain cours, en silence, ce désir si fort m'avait fait perdre le fil de mes questions. Bella marchait à côté de moi, assez près pour que je sente sa chaleur sur mon bras, mais pas assez pour que je passe mon bras autour de ses épaules, je voulais lui prendre la main, lui caresser le bras, mais là encore je ne pouvais obéir à mon désir.

Je me contentais alors de la regarder, elle avait encore cette petite ride entre les deux yeux, qui signifiait qu'elle était soucieuse et que j'aurais aimé effacer d'une caresse de mes doigts. Je ne voulais pas qu'elle s'inquiète pour quoi que ce soit.

Comme le jour précédent, une fois devant le gymnase, elle plongea ses yeux dans les miens, et cette fois encore, le désir remporta la victoire. Ma main se leva pour aller caresser sa joue, aussi fragile que le plus fin des verres, aussi fragile et délicate qu'une bulle. Je fis glisser le dos de ma main de sa tempe jusqu'à son menton avec une douceur sans égal. Je voulais plus cependant, ma main se réchauffait au contact de sa peau, mon désir grandissait, je sentais battre son sang sous sa peau fine. Je voulais glisser ma main sur sa nuque, prendre une mèche de ses cheveux et la faire descendre le long de sa gorge. Plus d'erreur. Il m'était vraiment difficile de retirer ma main, tant son contact était agréable. Ses yeux étaient encourageants, ce qui me décida à arrêter, elle avait beaucoup trop confiance en moi. La même confiance absolue que me vouait Carlisle. Je ne méritais pas une telle confiance. Je m'éloignais alors en silence, sentant son regard sur mon dos.

----- - Eh gamin, t'en fais une tête ! C'est encore à cause d'elle ? pensa Emmett juste avant de rentrer en cours d'espagnol.
----- - Ça se voit à ce point là ? Évidemment que ça se voyait ! Je n'arrivais pas à gommer mon trouble. D'ailleurs quand je repensais à la douceur et à la chaleur de sa peau, j'en été encore tout troublé. Pourquoi me faisait-elle un tel effet ? Moi qui été resté insensible au charme de centaine de femmes, humaines ou immortelles. Je m'étais fait à l'idée d'être dépourvu d'émotions envers les femmes, ce qui avait son avantage.

En effet, je n'avais pas à obéir à mes pulsions comme mes cousines de Dénali, qui avaient tué beaucoup trop d'hommes avant de pouvoir maîtriser leur force.

----- - Alors tu m'expliques ce qui ne va pas cette fois ? Lança Emmett beaucoup trop vite et beaucoup trop bas pour que des oreilles humaines puissent comprendre quoi que ce soit.

Comme souvent, nous étions installés dans le fond de la classe, ce qui nous permettait de discuter tranquillement sans que nos voisins de devant nous entendent.

----- - C'est compliqué, tu sais. Tout me fascine en elle, ses yeux, sa peau, son odeur, ses cheveux, ses réponses inattendues à mes questions, son sang... elle a une emprise totale sur moi. J'ai beaucoup de mal à gérer ça tu sais. C'est complètement nouveau pour moi. Vous connaissez tous ce sentiment dans la famille, mais pas moi. Si seulement Bella n'était pas humaine et fragile... et paradoxalement c'est une partie d'elle qui me fascine. Je m'efforce de l'avertir du danger que je représente, mais j'ai l'impression qu'elle est dépourvue d'instinct de survie.
----- - En effet c'est vraiment compliqué ton histoire. Je comprends un peu plus pourquoi tu n'as pas voulu la tuer. Mais je ne comprends toujours pas comment tu as pu résister. T'en fais pas gamin, tout finira par s'arranger, j'en suis sûr. Et fais confiance à Alice pour nous prévenir s'il devait se passer quoi que soit. Elle est aussi très attachée à cette humaine, bizarrement.
----- - Merci d'essayer de soulager ma conscience Emmett, mais j'ai du mal à visualiser une fin heureuse pour cette histoire. Tu peux m'expliquer objectivement comment une humaine peut avoir une relation amoureuse avec un vampire, même végétarien, sans qu'elle ne soit blessée ou pire... je n'ose même pas y songer.
----- - Tu réfléchis trop Edward, tu ferais mieux de focaliser ton attention sur elle si c'est ce que tu veux et non sur tes angoisses. Je n'ai jamais vu un vampire aussi stressé que toi quand il s'agit de cette fille.

Je voyais bien qu'Emmett essayait de faire de l'humour pour m'apaiser, mais rien n'y fit. Le cours passa avec une lenteur déconcertante, ce qui me laissa le temps de réfléchir sur l'attitude que je devais adopter vis-à-vis de Bella. Mais avant, ma curiosité l'emporta, je me concentrais sur les pensées de Mike, et je fus surpris par l'hostilité qui y régnait. Il me détestait au plus haut point, chose qui était réciproque, mais ce qui le mettait le plus en colère c'était le fait que Bella me préfère à lui. Ce qui suffit à me redonner le sourire. Bella quant à elle, n'avait pas pris le risque de participer au match, ce qui me rassura.

----- - Sa santé mentale m'inquiète de plus en plus chaque jour. Pensa Emmett à côté de moi en me voyant sourire alors qu'a peine quelques minutes plus tôt je déprimais.

Je dois avouer que c'était assez déroutant pour moi aussi de passer continuellement d'un stade à l'autre.

Dès que la sonnerie se fit entendre, je me précipitais vers le gymnase tout en essayant de garder une allure humaine. Une fois devant la porte, j'entendis l'empressement maladroit de Bella. Ainsi je n'étais pas le seul à être impatient, ce qui n'était pas pour me rassurer. Mais j'avais décidé de laisser mes angoisses de côté pour le moment, j'aurais toute la nuit pour y réfléchir. Pour l'instant je voulais en savoir encore plus sur Bella. Je connaissais à présent ses préférences dans presque tous les domaines, et les détails de sa vie, maintenant je voulais connaître ce qui lui manquait de sa vie à Phoenix.

Elle sortit précipitamment du gymnase et se dirigea droit vers moi en m'offrant un sourire rassuré, comme si elle avait eu peur que je ne sois pas là à l'attendre. C'est pourtant ce que je me destinais à faire pour l'éternité. Je lui souris à mon tour avant de relancer une nouvelle batterie de questions, auxquelles elle répondit avec beaucoup de sincérité. Elle prenait le temps de réfléchir avant répondre, et elle essayait de me faire partager ses émotions en me décrivant des détails comme l'odeur des créosotes, ou le chant des cigales. Elle utilisa même des gestes pour me montrer l'ampleur de ces paysages qu'elle aimait tant.

De temps en temps je voyais l'hésitation briller dans ses yeux, je l'encourageais alors à se livrer sans retenue, je ne voulais pas qu'elle ait peur ou honte de me faire partager ses pensées. Je voulais même qu'elle en prenne l'habitude, ce qui calmerait ma frustration de ne pas entendre ses pensées moi-même.

----- - Tu as terminé ? lança-t-elle soulagée après en avoir fini avec le désordre de sa chambre de Phoenix.
----- - Loin de là, mais ton père va bientôt rentrer. Il était certainement déjà en route et je n'allais sûrement pas tarder à l'entendre.

Elle soupira en regardant le ciel sombre, elle n'avait pas dû prendre conscience de l'heure. J'avais moi-même tendance à perdre la notion du temps quand je me retrouvais avec elle. Elle avait un tel pouvoir sur moi, c'était très nouveau et très perturbant pour quelqu'un comme moi. Mon cœur avait cessé de battre depuis cent ans, et voila que maintenant il commençait à peser lourd dans ma poitrine.

----- - C'est le crépuscule, murmurais-je le regard fixé sur l'horizon.

C'était exactement ce qu'était Bella pour moi, mon crépuscule. Elle était la lumière de ma nuit sans fin. Avant de la connaître, ma vie était une nuit éternelle et sans but. Comment lui dire la passion qu'elle m'inspire tout en lui faisant prendre conscience du danger que je représente pour elle. Elle m'a sauvé de ma nuit, et moi je risque à tout moment de la plonger à son tour dans cette nuit éternelle.

Elle me fixait d'un regard interrogateur, elle avait surpris mon trouble et se demandait sûrement quelle en était la cause. Je pouvais voir à son visage qu'elle brûlait de me questionner comme à son habitude, et la seule raison qui l'empêchait de le faire, est que j'avais demandé à ce que ce soit mon jour de poser les questions.

----- - C'est le moment de la journée le plus sûr pour nous, dis-je pour répondre à la question qui brillait dans ses yeux. Je ne pouvais m'empêcher de satisfaire sa curiosité, c'était d'ailleurs l'une de mes faiblesses. Le plus agréable, le plus triste aussi, en quelque sorte... la fin d'un jour, le retour de la nuit. L'obscurité est tellement prévisible, tu ne trouves pas ?

Je resongeais à toutes ces nuits passées à étudier, à bricoler les voitures avec Rose, les parties de chasse avec Emmett ou encore les combats avec mes frères. Ne pas dormir la nuit laisse énormément de temps, trop de temps pour quelqu'un qui a déjà l'éternité devant lui... maintenant pour me distraire la nuit, j'avais une nouvelle occupation, une nouvelle passion, ce n'était peut-être pas une bonne chose, mais j'étais incapable de m'en passer...

----- - J'aime la nuit, décréta-t-elle. Sans elle, nous ne verrions pas les étoiles. Bien qu'ici ce ne soit guère facile.

Je ne pus m'empêcher de rire devant la réponse surprenante comme à chaque fois, face à ce que je venais de lui dire. Elle semblait déçue, ainsi elle aimait regarder les étoiles. Je m'imaginais alors, l'emmenant les voir, la serrant contre mon torse, par une chaude nuit d'été pour éviter que je ne la glace avec ma peau de marbre.

----- - Charlie sera ici dans quelques minutes. Donc à moins que tu ne tiennes à lui révéler que tu passeras ton samedi avec moi... ce que j'aurais préféré pour me donner une raison supplémentaire de ramener Bella en vie.
----- - Non merci.

Lorsqu'elle récupéra ses affaires, je m'aperçus à ses mouvements raides qu'elle était restée tout ce temps dans la voiture presque aussi immobile que moi. Cette fille n'avait vraiment pas des réactions normales pour une humaine. Elle aurait due se plaindre de l'inconfort de sa position. Elle me tira de mes réflexions.

----- - Demain, c'est mon tour, hein ? demanda-t-elle pleine d'espoir.
----- - Certainement pas ! M'outrageais-je. Je n'en ai pas terminé avec toi !
----- - Qu'y a-t-il de plus à savoir ? dit-elle surprise.
----- - Je te le dirai demain.

Elle ne parvenait pas à comprendre que je désirais connaître chaque minute de la vie qu'elle avait eue sans moi. C'était important pour moi de savoir tout de ce qu'elle aimait ou n'aimait pas, les personnes qu'elle avait connues avant moi et toutes les choses qui avaient façonnées sa vie.

Comme je me penchais devant elle pour lui ouvrir la portière, en parfait gentleman, cette proximité lui déclencha des palpitations dans la poitrine. Plus je m'approchais d'elle et plus son cœur s'emballait. Si cela avait été encore possible, mon cœur aussi se serait sûrement affolé. Je sentais son arôme sur ma langue, mais je pouvais résister, j'étais plus fort que le monstre.

----- - A qui peut bien appartenir cette voiture garée chez Charlie ? C'est une voiture neuve, et qui doit sûrement valoir cher. Elle ne peut appartenir qu'au Cullen. Comment un Cullen ose-t-il approcher la fille de Charlie ? Ont-ils oublié le traité ? Parce que si c'est le cas et que l'un d'eux l'enfreint, ce sera la guerre ! S'emportait intérieurement Billy Black.
----- - Je me demande à qui appartient cette belle voiture... et surtout pourquoi elle reste garée là... peut-être que Bella a des problèmes avec sa camionnette...j'y jetterais un coup d'œil... c'est étrange je croyais pourtant connaître la majorité des jeunes du coin... mon père a dû reconnaître le conducteur, et à la façon dont il le regarde, j'ai l'impression qu'il ne l'aime pas beaucoup... pourtant il y a peu de gens que Billy n'aime pas. Les pensées de Jacob n'étaient qu'interrogations.

Ma main se figea sur la poignée

----- - Aïe ! Marmonnais-je
----- - Que se passe-t-il ? S'inquiéta Bella.

Evidemment elle avait remarqué que quelque chose me perturbait ! Je n'avais pu retenir l'inquiétude de s'emparer de moi. Elle était vraiment très attentive. Pourtant je ne pouvais rien lui dire pour le moment, il ne valait mieux pas qu'elle sache, et puis je n'avais pas vraiment le temps non plus, Charlie se rapprochait, ainsi que Billy Black, et il valait mieux pour tout le monde que je sois parti avant qu'ils n'arrivent.

----- - Des complications... répondis-je mâchoires serrées.

Je lui ouvris la portière rapidement et repris ma place loin d'elle. Je ne devais pas me laisser distraire par elle.

La situation deviendrait trop grave si les Quileutes décidaient de nous déclarer la guerre. Je ne pouvais pas prendre cet avertissement à la légère. La voiture noire de Billy Black vint se garer en face de nous. Je ne pouvais en détacher mon regard. Billy Black continuait d'imaginer le pire. Il me voyait déjà en train de rompre le pacte. En réalité il n'avait jamais vraiment cru que nous puissions nous passer éternellement de sang humain. Il était certain que nous faisions régulièrement des écarts lors de nos fréquentes randonnées. Il avait peur pour Bella et ça je pouvais très bien le comprendre. Je combattais continuellement pour que ma raison soit plus forte que mon instinct et je tremblais de la blesser, même involontairement... Alors oui, j'entendais parfaitement les pensées de Billy Black.

----- - Charlie est au carrefour, l'avertis-je. Il fallait que Bella sorte de ma voiture à présent. Il fallait que je prévienne Carlisle. Bella sortit précipitamment. Avait-elle senti la tension que je ressentais ? Avait-elle réalisé à quel point mon état d'esprit frôlait le chaos ? Comment pouvais-je la protéger de moi-même alors que j'étais incapable de m'éloigner d'elle ?

Je démarrais aussi vite que possible. Les pensées de Billy Black m'assaillaient. Je pouvais sentir tout un mélange d'émotions. La peur en était la principale, mais il y avait aussi la haine, la suspicion, la méfiance, et le désir de protéger ceux qu'il aimait. Charlie étant son meilleur ami, il se faisait le devoir de mettre en garde Bella à mon sujet. Il pensait qu'elle ignorait tout de ce que j'étais réellement : un vampire. Il voulait qu'elle rompe tout contact avec moi... je ne pouvais pas lui reprocher de vouloir la protéger... mais je ne supportais pas l'idée qu'elle s'éloigne de moi. Bien sûr si c'était son désir, je partirai, son bonheur était tout ce qui comptait pour moi.

Un sentiment d'angoisse s'empara de moi... et si Billy Black réussissait à lui faire prendre conscience du danger que je représentais pour elle...elle me quitterait, c'est évident ! Je voulais qu'elle prenne conscience des risques qu'elle courait en acceptant de se retrouver si souvent seule avec moi, mais je désirais, égoïstement je le reconnais, que malgré ça elle accepte de rester à mes côtés. Si mon cœur pouvait encore battre, il aurait la même vitesse que celle indiquée par le compteur de ma Volvo.

Il fallait que j'arrive à faire le vide dans ma tête pour pouvoir parler calmement à Carlisle. Il fallait que je puisse rester maître de mes émotions, c'était la condition pour être avec Bella. Et maîtriser mes angoisses était un bon entraînement. Si Emmett me voyait ainsi, il dirait sûrement que j'étais le vampire le plus stressé qu'il connaisse depuis l'arrivée de Bella dans ma vie!

Oriane Cléry
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MessageSujet: Re: Suite Midnight Sun [fanfiction] Sam 20 Fév - 12:19

Chapitre 14

Je rentrais ma voiture dans le garage. Rosalie était allongée sous sa BMW pour une énième modification.

Je ne pus saisir le fond réel de sa pensée cette fois, elle s'appliquait à penser à autre chose. Elle était toujours furieuse que j'ai découvert la véritable raison pour laquelle elle ne supportait pas Bella. Et la seule raison pour laquelle elle ne m'avait pas encore arraché la tête, c'est parce que j'avais su garder sous silence cette révélation. Malgré sa concentration pour me cacher ses pensées, je pouvais y déceler beaucoup de peine et de colère. Et moi qui pensais avoir tout compris sur Rosalie, apparemment il y avait encore des choses qu'elle ne voulait pas que je sache. J'essayais alors de faire de mon mieux pour respecter son intimité. Elle ne me prêta aucune attention, ce qui me facilita la tâche. Mes angoisses me reprirent. La seconde d'après j'étais dans le bureau de Carlisle.

----- - Bonsoir Edward, que puis-je faire pour toi ? Pourquoi as-tu l'air si inquiet ? Il ne s'est rien passé de grave au moins ? Je ne veux pas penser au pire, j'ai confiance en toi, tu le sais. Mais je connais ce regard, et il n'annonce rien de bon.
----- - Et bien, pour le moment, il n'y a rien de grave, ce n'est qu'un avertissement.
----- - J'ai du mal à te suivre, qui nous met en garde ?
----- - Je reviens à l'instant de chez Bella, et un des anciens de la tribu Quileute, Billy Black, m'a vu avec elle. Il considère mon comportement envers elle comme une provocation. Bien sur, techniquement, je ne transgresse pas le pacte, mais c'est très dangereux pour Bella, ainsi que pour nous et leur tribu. J'ai clairement vu dans son esprit qu'il avait la ferme intention d'éloigner Bella de moi. De la protéger de moi. Je ne peux pas le lui reprocher, mais si elle venait à m'éviter je ne sais pas comment j'arriverais à le supporter... Et si une guerre venait à éclater par ma faute...

Carlisle me coupa, il en avait assez entendu pour comprendre ma bataille intérieure.

----- - Ça me fait mal de te voir souffrir ainsi, tu ne le mérites pas. Tu as parfaitement droit au bonheur, et n'aies pas peur, Bella t'aime pour ce que tu es et rien de ce que pourra lui dire le vieux Quileute n'y changera. D'ailleurs, elle en sait surement plus sur toi que lui.
----- - Je sais que tu as raison, mais je ne peux m'empêcher d'y penser. Et le fait de passer une journée entièrement seul avec elle samedi ne va pas arranger mon état de stress.
----- - Et bien moi je sais ce qui pourra te détendre : une bonne partie de chasse, rien de tel pour un vampire stressé comme toi ! Intervient joyeusement Alice.
----- - Je ne suis pas sur que ce soit le meilleur moment de me détendre, mais tu as raison, c'est nécessaire.

Et comme pour confirmer ce que je venais de dire, je pouvais voir notre partie de chasse qui se déroulerait le lendemain après-midi dans une de ses visions.

----- - Carlisle, je souhaiterais parler à tout le monde.
----- - Très bien, allons dans la salle à manger.

Il aurait été plus juste de dire, la salle de conférence, mais d'apparence, elle était plus proche d'une salle à manger. Sauver les apparences, c'est tout ce qui comptait pour assurer notre existence parmi les humains.

Tout le monde était assis autour de l'immense table, Carlisle à la place d'honneur, celle du chef de famille, Esmée à sa droite, moi à sa gauche. Alice et Jasper aux côtés d'Esmée. Emmett et Rose à mes côtés. Les couples se tenaient la main, tandis qu'Alice avait des visions de Bella, tantôt toutes deux main dans la main, tantôt Bella avec des yeux rouge sang.

----- - Alice, arrête ça s'il te plaît. Je ne supportais pas de voir Bella ainsi. Cette vision me faisait trop mal. Il était hors de question qu'il arrive une chose pareille à Bella. Je changerai le futur, je voulais passer du temps avec elle plus que tout au monde, mais jamais je ne mettrais fin à ses jours pour mon intérêt personnel, je serais vraiment un monstre de lui ôter toute chance de vivre une vie normale.
----- - Tu sais très bien que je ne contrôle pas mes visions ! me répondit-elle sèchement.
----- - J'ai pris ma décision sur ce point. Elle est ferme et définitive, ce ne peut donc pas être une vision que tu viens d'avoir. Tu aimerais que ça se passe ainsi, mais jamais je ne le permettrais !
----- - Tu te crois plus fort que tu ne l'es mon cher ! Votre destin est arrivé à un carrefour, et tu sais toi-même (même si tu refuses de l'admettre) que ce carrefour deviendra dans quelques jours une route à sens unique !
----- - C'est bon gamin, on a compris que tu ne voulais pas qu'il arrive quelque chose de mal à ta belle. Maintenant, ce qu'on aimerait savoir, c'est pourquoi tu nous as réunis ici.
----- - Quel idiot égoïste ! Je parie que c'est encore en rapport avec la fille ! J'aurais du m'en charger moi-même bien avant qu'elle nous pose tant de problèmes! Le jour où ça tournera mal, ce sera trop tard !

Un grondement sourd roula dans ma gorge. Le plus égoïste de nous deux n'était certainement pas moi ! Et j'avais vu juste sur mes pronostics, seule Alice me soutenait vraiment. Carlisle me laisserait faire ce que je pensais être le plus juste, et Esmée ne s'opposerait ni à moi ni au reste de la famille. Ce qui me gênait le plus chez Alice était ses motivations !

----- - Si je vous ai demandé de venir, c'est pour vous annoncer que je passerai la journée de Samedi seul avec Bella. J'ai bien conscience que vous êtes indirectement concernés quand je passe du temps avec elle. Je ne vous demande pas votre approbation, je tenais juste à vous en informer.

J'essayais ensuite de concentrer mes émotions au maximum afin que Jasper ressente que mes avertissements étaient toujours valables. Inutile de me mettre à dos Alice qui était la seule à me soutenir, en les lui disant à voix haute !

----- - Même si je trouve que c'est stupide, je ne ferais jamais rien contre la volonté d'Alice, et pour une raison que je n'explique pas, elle est autant attachée que toi à cette fille ! Et je ne tiens pas non plus à me battre contre toi.

Cette fois, je m'appliquais à ressentir du soulagement et de la reconnaissance. Il y répondit par un bref mouvement des yeux. Cet échange n'avait pris qu'une seconde, et personne ne remarqua mes changements d'humeur.

----- - J'avais raison, tu n'es qu'un imbécile égoïste !! Comment oses-tu prévoir de passer du temps seul à seul avec elle ? Tu ne la vois pas suffisamment au lycée ? Tu es inconscient des risques que tu nous fais prendre à tous, juste pour une amourette, et si ça se trouve tu n'arriveras peut-être pas à résister si longtemps à son odeur ! Au moins, elle ne nous causera plus de problème si ça tourne mal ! lança rageusement Rosalie.
----- - Rose, je t'en prie, calmes toi ! Tu es injuste avec Edward ! Il a déjà prouvé qu'il savait se contrôler en présence de Bella ! Me défendit Esmée. En fait, j'ai plus peur pour son cœur que pour sa soif.

Ma rancœur contre Rose ne cessait d'augmenter, à chaque seconde elle atteignait des sommets ! Je savais que j'exposais ma famille à de graves problèmes à chaque minute que je passais avec Bella. Mais de là à réagir comme elle venait de le faire... elle ne se rendait pas compte du mal que ses paroles me faisaient ou le faisait-elle exprès ? Calme toi Edward, me rassérénais-je n'écoute pas Rosalie et tout ira bien. Et qu'entendait Esmée par « J'ai plus peur pour son cœur que pour sa soif » ? Il fallait que je réagisse, car tous venaient de remarquer ma seconde d'inattention.

----- - Je t'interdis de t'approcher d'elle Rose ! Et je te ferais remarquer que si je n'avais pas su contrôler mes réflexes au contact de son odeur, comme tu sembles le prétendre, il y aurait longtemps que Bella serait morte !

Je frissonnais de terreur à cette pensée. Et une autre image me vint à l'esprit, celle de Bella, pâle comme la mort avec un regard rouge sang... je me ressaisis. Cette soirée devenait très pesante !

A mon grand soulagement, Carlisle prit enfin la parole, comme un père pour faire taire les chamailleries de ses enfants.

----- - Edward, tu as droit au bonheur autant que chacun d'entre nous. J'ai confiance en toi et tu le sais. Si tu es vraiment certain que ce sera sans danger pour chacun d'entre vous, je n'ai aucune raison de m'y opposer. Je t'ai toujours soutenu dans tes choix et je te soutiendrai toujours.

Comme d'habitude, Carlisle me vouait une confiance aveugle que je ne méritais pas. Comment pouvait-il cautionner le fait que je passe une journée entière avec une humaine qui a un pouvoir si particulier sur moi, alors qu'il m'aurait été si aisé de lui faire du mal ?

----- - Rose, poursuivit-il, tu pourrais être plus compréhensive avec ton frère ! Tu vois de quoi je veux parler ?

Sur ce, elle se leva de table, me fusilla du regard en pensant à toutes les injures qu'elle connaissait, et partit se réfugier dans le garage. Carlisle venait de lui remémorer le jour où elle avait sauvé Emmett, qui se faisait tuer par un ours. Mais malgré cela, elle refusait de comprendre ce qui pouvait retenir mon attention chez Bella.

----- - Tu sais gamin, même quand je fais l'effort d'essayer de te comprendre, j'ai beaucoup de mal ! Mais après tout, c'est toi qui sais ce qui est le mieux à faire. Fais tout de même attention.
----- - Bien sur que je vais faire attention ! Pour qui me prends-tu ? Je sais me contrôler ! Arrêtez de croire le contraire ! Et c'est moi qui venait de dire ça, alors que je n'étais absolument sur de rien !
----- - Je te crois Edward, me dit Esmée. Je sais que tu es beaucoup attaché à cette jeune fille. Et que pour rien au monde tu ne voudrais lui faire de mal intentionnellement. Je te soutiens, tu ne te rends pas compte à quel point tu as changé grâce à elle, et rien que pour ça, je l'apprécie déjà beaucoup !
----- - Tu sais déjà ce que je pense de tout ça, je n'ai rien d'autre à ajouter. Je pense que tu fais une grosse erreur en t'impliquant dans la vie de cette fille. Mais peut-être que je me trompe. Si on se fie aux visions d'Alice, elle ne s'en tire pas trop mal.

Evidemment, Jasper avait pris soin de ne pas dire ça devant Alice !

Après ce tour de table, je n'avais qu'une envie : partir pour réfléchir au calme. Faire le point sur les évènements de ces derniers jours. Je ne me reconnaissais plus, que m'arrivait-il ?

----- - Alice, commençais-je, je te remercie pour ton soutien, Carlisle pour ta confiance sans failles et Esmée pour ta compassion. Emmett, quant à toi, merci de m'écouter m'apitoyer sur mon sort sans broncher !
----- - Quand tu veux mon frère !
----- - Pour ce qui est de passer la journée de samedi avec Bella, ma décision est prise. Alice, peux-tu me dire si c'est sans risques ?
----- - Je ne te vois pas en train de la tuer si c'est ce que tu veux savoir. Dit-elle en scrutant un avenir trop flou pour que j'y voie quelque chose.
----- - Merci. Pour ce qui est de l'avenir après cette journée, je ne peux rien dire pour l'instant. Tout dépendra des évènements.

Les pensées de chacun se bousculaient dans ma tête comme dans un hall de gare. Les pensées étaient si différentes d'une personne à l'autre et en même temps, si semblables. Tous craignaient que cette journée se termine mal, mais tous n'avaient pas les même raisons. Carlisle malgré sa foi en moi avait peur pour la fille Swann, Esmée avait peur que cette fille me détruise de l'intérieur, Alice se sentait mal de ne pas pouvoir voir l'avenir précisément tant il y avait encore de décisions à prendre, Rose craignait de devoir déménager encore une fois, Emmett craignait que je perde la raison, et Jazz avait peur que je prenne la mauvaise décision.

Nous quittâmes alors la table pour retourner à nos occupations nocturnes.

Je m'assis au piano et joua la berceuse de Bella. Cette mélodie était si belle, je ne m'en lassais pas. Mes doigts volèrent au dessus des touches, et prirent la direction d'un nouveau couplet, qui complétait l'histoire de la jeune fille endormie, par une perspective d'avenir à deux. Tout cela n'était que rêveries, mais la mélodie n'en était que plus enivrante. Esmée se plaça derrière moi pour m'écouter jouer. Elle aimait me voir au piano.

----- - Oh...ta berceuse a évolué... c'est vraiment magnifique, ne t'arrête pas.

Je ne répondis pas, et elle comprit que j'avais besoin de me retrouver seul pour le moment. Elle ne m'en voulut donc pas lorsque je sortis de la maison pour aller dans la forêt.

A peine traversée la rivière d'un bond, je me mis à courir, le plus vite possible, afin d'échapper à mes sentiments que je n'arrivais pas à comprendre. Tout ce qui m'était arrivé depuis l'arrivée de Bella me dépassait complètement. J'avais l'impression de perdre le contrôle de mon esprit et de mon corps. Certes, je pouvais maîtriser mon corps de vampire face au délicieux et enivrant parfum de Bella, mais je ne pouvais pas maîtriser mon corps d'homme face à son charme. Pour la simple et bonne raison que je n'y avais jamais été préparé en plus de 100 ans d'existence !

Je m'arrêtais enfin, dans une petite clairière, suffisamment éloignée de toute civilisation pour éviter de me laisser déconcentrer par quoi que ce soit et réfléchir en paix. J'aimais beaucoup cet endroit. C'est ici que je comptais emmener Bella samedi. J'étais sûr que l'endroit lui plairait. Du moins, je l'espérais, car je me trompais assez souvent pour anticiper ses réactions.

Je m'allongeais dans l'herbe humide, un petit vent caressa mes cheveux. Tout ceci était si agréable que j'en oubliais presque l'objet de ma venue.

Ma mémoire étant aussi précise qu'un film, je me repassais dans ma tête tous les moments passés avec Bella, essayant de trouver son secret. Pourquoi m'attire-t-elle a ce point ? Moi qui suis resté insensible au charme de dizaines de femmes ? Qu'est-ce qui avait changé ? Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ?

Je restais ainsi immobile pendant de longues heures, à chercher des réponses que je ne trouverais surement pas ce soir. Je laissais alors ces questions sans réponses pour un autre jour. D'autres questions étaient également sans réponses depuis bien trop longtemps. Il fallait que je comprenne le but de cette vie sans fin.

Pourquoi Carlisle m'a choisi moi ? Il y avait tant d'autres jeunes hommes en train de mourir de la même façon que moi. Et pourquoi ma mère a tant insisté pour qu'il me sauve ? Connaissait-elle l'avenir qui m'attendait en agissant ainsi ? Comment pouvait-elle savoir que Carlisle était un vampire ? Non c'était impossible ! Elle devait surement délirer à cause de la fièvre et elle était inconsciente que je me trouvais dans le même état qu'elle. Elle devait surement penser que je n'étais pas touché mortellement et qu'une guérison était possible. Et Carlisle a pris son délire pour une révélation. Il pensait qu'elle savait quel avenir j'allais avoir en s'adressant ainsi à un vampire. Mais elle l'ignorait !

Dois-je en conclure que toute ma vie n'est qu'un malentendu ? Et pourquoi l'immortalité me pèse à ce point ? Quand je vois le reste de ma famille qui vit dans le bonheur, je me sens vraiment à part. J'ai parfois l'impression d'être un étranger. Bien sur ma mère et mon père font tout ce qu'ils peuvent pour que je me sente le mieux possible. Mais je vois bien qu'ils ne comprennent pas ma solitude. Je ne la comprends pas moi-même ! Esmée se demande s'il ne m'a pas manqué quelque chose à mon accomplissement, tandis que Carlisle a peur de m'avoir transformé trop jeune. Ils ont peut-être raison.

En plus de cent ans, je n'ai jamais rien ressenti pour personne, à part de l'affection fraternelle.

Les questions se bousculaient dans ma tête sans parvenir à trouver de réponses. Etais-je une cause perdue ? Et si c'était le cas, qui se battrait pour moi ? J'avais souvent entendu les humains dire dans des cas désespérés : « nulle cause n'est perdue tant qu'il y a encore un fou pour ce battre pour elle » qui serait mon fou dans ce cas ?

Soudain, mes pensées allaient de plus en plus vite, j'étais sur le point de comprendre quelque chose d'important, pourtant je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus... j'étais frustré au plus haut point de ne pas comprendre plus vite. Je fis alors le cheminement de mes interrogations à l'envers, et je compris enfin...Bella !

C'était elle la clé. Une partie alors de mes questions trouvèrent enfin une réponse. Je mis alors en parallèle mes interrogations sur elle et celles sur moi-même. Le but de ma vie était en rapport avec elle, c'était évident. Sinon pourquoi serait-elle venue jusqu'ici alors que Forks est un condensé de tout ce qu'elle déteste ? Nos destins sont apparemment étroitement mêlés, mais je doute qu'ils se rejoignent un jour. Nos espèces étaient incompatibles. Pourtant elle seule a su toucher mon cœur, elle a su me faire voir l'existence autrement que comme un tunnel sans fin. Elle est la lumière qui manquait à ma vie. Ma mission, ou plutôt le but de ma vie, serait alors de la protéger jusqu'à sa mort. Je devrais veiller à son bonheur sans pour autant pouvoir le partager. Cette pensée me fit vraiment mal, mais je devais être réaliste. La vision d'Alice ne se réalisera jamais tant que j'existerais.

Je continuais ainsi de faire le lien entre Bella et mes questions existentielles, lorsqu'un sentiment d'angoisse s'empara de moi. Je ne mis que quelques dixièmes de secondes pour comprendre. Le jour allait ce lever dans 4h et je n'avais toujours été rendre une visite nocturne à Bella. Avait-elle déjà parlé ? Déjà rêvé ?

Je me remis à courir en direction de Forks. Elle dormait paisiblement lorsque j'entrais par la fenêtre. Un grand sourire s'étira sur mes lèvres, et tout mon être se détendit à la vue de cet ange endormi. Je ne m'étais pas trompé, le but de mon existence était lié à elle. Mais dans quelles proportions ? Je n'arrivais pas à détacher mes yeux d'elle. J'aurais pu la contempler ainsi durant des heures, la regarder était si apaisant, que j'en oubliais bientôt toutes mes incertitudes de la nuit pour me souvenir uniquement de son doux visage entouré de cheveux ondulant sur l'oreiller.

Je restais ainsi jusqu'au réveil de Charlie. Ma muse n'avait pas dit un mot, juste des murmures incompréhensibles, même pour une oreille sensible comme la mienne, mais qu'importe, le principal était de pouvoir la contempler, elle était si apaisante pour moi.

Je dus m'arracher de ma contemplation pour aller chercher ma voiture et la laisser se préparer.

Arrivé à la villa, Alice m'attendait. Elle voulait me demander quelque chose mais s'appliquait à me le cacher.

----- - Arrête de tricher ! Tu m'enlèves tout mon plaisir à tout savoir avant que j'ai eu le temps de l'annoncer ! Samedi sera une journée ensoleillée ! C'est bien ce que tu voulais non ?
----- - Oui, merci Alice. Tu voulais me dire autre chose ?
----- - N'oublie pas notre partie de chasse de cet après-midi !
----- - Ne t'inquiète pas, je sais que cela est nécessaire pour limiter les risques de demain. D'ailleurs, j'aurais du aller chasser avant, c'est idiot de ma part d'exposer Bella à pareil danger.
----- - Ne t'en fais pas, tout va bien ce passer. Pour aujourd'hui, je peux t'assurer qu'il ne lui arrivera rien !
----- - Merci sœurette ! À tout à l'heure alors !

Je me garais ensuite à la place que Charlie venait de quitter. Je pouvais entendre Bella siffloter, je souris encore, mes tourments de cette nuit étaient bien loin à présent.

Elle descendit les marches en toute hâte, elle se rua dehors et vint s'installer sur le siège à côté de moi. Lorsque je lui souris pour l'accueillir, son cœur cessa de battre. L'avais-je encore éblouie ? Le fait d'avoir ce pouvoir sur elle me plaisait, et d'une certaine manière rendait les choses un peu plus équitables. Nous étions éblouis l'un par l'autre. Son humeur joyeuse me gagna et balaya toute mes pensées négatives au passage.

----- - Tu as bien Dormi ? Demandais-je
----- - Comme un loir. Et toi, ta nuit ?

Son haleine vint me chatouiller la gorge, je ressentis la brulure habituelle, cependant, j'avais fais l'erreur de ne pas aller chasser plus tôt... comme aujourd'hui était encore ma journée de question, j'inspirais profondément, mes muscles réagirent immédiatement, mais je pouvais garder le contrôle... c'est ce que je voulais vérifier. Alice avait raison, aujourd'hui (ou plutôt, ce matin seulement) il n'arriverait rien à Bella.

----- - Agréable, rigolais-je. Si on peut qualifier d'agréable le fait de se morfondre toute une nuit. Mais la seule image qui me revenait en mémoire était celle de Bella, paisiblement endormie. Oui, c'était agréable.
----- - Ai-je le droit de te demander à quoi tu l'as consacrée ? demanda-t-elle avec des yeux curieux.
----- - Non, m'esclaffais-je. Aujourd'hui est encore mon jour.

Aujourd'hui mes questions étaient plutôt ciblées sur les personnes qui font partie de la vie de Bella. Je choisis de commencer par les personnes les plus proches d'elle, c'est-à-dire Renée. Je voulais tout connaître, ses passions, les activités qu'elles faisaient ensemble, les choses qu'elles aimaient toutes les deux. Je m'intéressais ensuite à ses grands-parents. Elle m'apprit qu'elle n'avait connue qu'une seule de ses grand-mères. Je trouvais ça triste, c'est tellement intéressant de connaître ses ancêtres, pouvoir savoir d'où l'on vient. Pour moi, c'était presque vital, mais j'avais également l'éternité pour ça !

La matinée passa à un rythme hallucinant, je retrouvais Bella à la cafeteria à l'heure du déjeuner, une petite routine s'était installée entre nous sans que je m'en aperçoive. Nous avions même notre table ! J'en profitais pour continuer mon flot de questions.

Après la famille, je passais ensuite aux amis d’écoles. A ma grande surprise, ils n'étaient pas nombreux. Je tombais alors de haut lorsque mes questions portèrent sur les garçons avec lesquels elle était sortie et qu'elle m'apprit qu'elle n'avait eu aucune aventure. Je vis que je l'embarrassais avec ce sujet, lorsque ses joues se parèrent d'un rose ravissant. A son âge, toutes les jeunes filles ont déjà eu un petit-ami. Mais n'étais-je pas le mieux placé pour comprendre le désert de sa vie sentimentale ?

----- - Personne ne t'a jamais attiré ?insistais-je tout de même avec gravité. Des fois qu'elle aurait voulu me cacher quelque chose. Je voulais qu'elle ait confiance en moi, et qu'elle n'hésite pas à me faire des confidences.
----- - Pas à Phoenix, reconnut-elle à contrecœur.

Alors, si ce n'était pas à Phoenix, c'était ici, et bien sur c'était moi ! Cette fille était vraiment un aimant à problème. Il fallait que le seul garçon dont elle tombe amoureuse soit un vampire. Dans d'autres circonstances, j'aurais surement ri à tant d'ironie, mais là, la situation était trop dangereuse.

Et, le rose de ses joues signifiait deux choses pour moi. D'une, je la mettais mal à l'aise, et je détestais ça. Et de deux, elle devenait vraiment appétissante pour un vampire qui n'avait pas chassé depuis trop longtemps... cette pensée me rendait malade... pour toutes ces raisons, je fis tourner court ce sujet.

Elle profita de mon silence pour mordre dans son beignet avec appétit.

----- - N'oublies pas notre partie de chasse Edward ! Me prévint silencieusement Alice.

La partie de chasse ! J'avais failli l'oublier. Bella me fascinait tellement que j'en oubliais le reste. Et comment allait-elle rentrer ce soir ? Je ne serais pas là pour la raccompagner.

----- - Nous aurions dû prendre ta voiture, annonçais-je.
----- - Pourquoi ? demanda-t-elle surprise.
----- - Je pars avec Alice après le déjeuner.
----- - Oh, murmura-t-elle visiblement déçue. Ce n'est pas grave, je rentrerai à pied.
----- - C'est exclu ! Me vexais-je, jamais je ne l'aurais laissé faire tant de route seule et à pied, j'étais un gentleman ! Nous irons chercher ta camionnette et la laisserons sur le parking.
----- - Je n'ai pas les clés sur moi. Je t'assure, ça m'est égal de marcher.

Pensait-elle réellement qu'une simple clé pouvait m'arrêter ? Elle aurait sa voiture, ce n'était pas la première fois que j'explorais sa maison, j'en connais quelques recoins, et j'ai un odorat infaillible, ne l'oublions pas. Alors si avec tous ces atouts je ne suis pas capable de mettre la main sur ses clés, ce serait un comble !

----- - Ta voiture sera là, et la clé sur le contact. A moins que tu craignes qu'on te la vole, plaisantais-je. Rien que l'idée de me voir en train de voler son antiquité, alors qu'une Aston Martin Vanquish m'attendait au garage, je ne pus retenir un sourire.
----- - D'accord, accepta-t-elle en pinçant les lèvres.

Me mettait-elle au défi de trouver ses clés et de lui apporter sa voiture ? Si c'est le cas, ça sera vraiment un jeu d'enfant !

----- - Où allez-vous me demanda-t-elle ensuite pour changer de sujet. Elle devait être sure que je ne trouverai jamais ses clés. Elle me le demanda sur le ton de la conversation comme si la réponse ne l'intéressait guère, mais ses yeux curieux la trahissaient.
----- - Chasser, lui répondis-je le plus honnêtement possible. Si je dois passer une journée seul avec toi, je préfère prendre un maximum de précautions. Elle devait connaître le risque qu'elle encourait en désirant ma compagnie. Tu peux toujours annuler, tu sais... murmurais-je. J'aurais voulu qu'elle me réponde qu'il était plus raisonnable de ne pas sortir seuls toute une journée, qu'elle me dise qu'elle avait peur, que j'avais eu raison de la mettre en garde, et qu'il était préférable qu'elle suive mes conseils pour une fois. Mais une autre partie de moi redoutait qu'elle prononce ces mots, ils auraient été tellement douloureux. Et il fallait que ce soit elle qui les prononcent, car j'en étais incapable.
----- - Non, refusa-t-elle aussitôt. J'en suis incapable.
----- - Malheureusement, c'est sans doute vrai.

Nous étions incapables de nous détacher l'un de l'autre. Je n'arrivais toujours pas à comprendre ce phénomène d'ailleurs. Ce qui était sûr par contre, c'est que sa réponse était tout sauf une bonne nouvelle, hormis le fait que je jubilais qu'elle désire ma compagnie, je prenais conscience de ce que cela signifiait pour nous.

----- - A qu'elle heure seras-tu là, demain ? S'enquit-elle.
----- - Tout dépend... c'est samedi, tu ne veux pas faire la grasse matinée ? Après tout, elle était humaine, et comme tous les humains, elle appréciait sans doute de dormir plus tard le week-end. Mais étant donné qu'elle ne faisait rien comme les humains ordinaires, une fois encore je me trompais peut-être.
----- - Non. Son empressement pour me contredire me fit rire.
----- - Comme d'habitude, alors. Charlie sera là ?
----- - Non, il part à la pêche.

Ainsi, personne ne l'attendrait chez elle. Je n'aimais pas cette perspective.

----- - Et si tu ne reviens pas, lançais-je sèchement, que va-t-il penser ?
----- - Aucune idée. Il sait que j'avais projeté des lessives. Il se dira que je suis tombée dans le lave-linge.

Sa plaisanterie eut pour seule résultat de me mettre en colère. Comment pouvait-elle prendre à la légère quelque chose d'aussi grave ! Je venais de lui suggérer que je pouvais la tuer à loisir sans témoins, et elle me riait au nez.

Elle me rendit mon regard noir, mais le sien n'était rien comparé au mien. Ce qui eut au moins pour effet de lui montrer que je ne plaisantais pas.

----- - Que chasserez-vous, ce soir ? S'intéressa-t-elle, comme s'il s'agissait d'une chose anodine. J'avais vraiment beaucoup de mal à déchiffrer sa logique !
----- - Ce que nous trouverons dans le Parc régional. Nous n'avons pas l'intention d'aller très loin. Répondis-je un peu perplexe.
----- - Pourquoi y vas-tu avec Alice ?
----- - Elle est celle qui... me soutient le plus, avouais-je tristement. J'aurais préféré qu'elle ne me pose pas la question, mais je ne voulais pas lui mentir. Il s'agissait de ma famille, et j'aurais préféré qu'ils soient plus tolérants avec elle.
----- - Et les autres ? Comment réagissent-ils ?
----- - Avec scepticisme, pour la plupart, nuançais-je, pour ne pas dire avec colère ! Inutile de lui dire que la majorité de mes frères et sœurs me prenaient pour un fou, incapable de ramener Bella chez elle saine et sauve.

Je la vis inspecter brièvement mes frères et sœurs, assis à leur place habituelle.

----- - Ils ne m'aiment pas, affirma-t-elle.
----- - Ce n'est pas ça, objectais-je, essayant malgré tout de les défendre. Ils ne comprennent pas pourquoi je ne te fiche pas la paix.
----- - Ça alors, moi non plus, figures toi !

Je secouais la tête, exaspéré. Pourquoi avait-elle toujours une opinion si négative d'elle-même et surtout si fausse ?

----- - Je te l'ai déjà dit, tu n'as aucune conscience de qui tu es. Tu ne ressembles à personne. Tu me fascines.

Elle me lança un regard désapprobateur, mais si peu crédible, je ne pus m'empêcher de rire.

----- - Avec mes talents... particuliers, murmurais-je en effleurant discrètement mon front, j'ai une capacité hors du commun à saisir la nature humaine. Les gens sont prévisibles. Mais toi... tes réactions sont déconcertantes. Tu m'intrigues. Ce n'est qu'une partie du problème, la plus facile à expliquer. Il y en a une autre cependant... pas aussi aisé à décrire...

Soudain j'entendis les vociférations de Rosalie hurler dans ma tête. Elle m'en donna presque la migraine !

----- - Il est encore avec elle ! Mais qu'est-ce qu’il lui trouve à la fin ? Edward, tu n'es qu'un imbécile égoïste ! Je te préviens, je refuse de quitter cette ville et de tout recommencer à zéro juste parce que tu n'auras pas su te maîtriser demain ! Après tout vous serez seuls et sans témoins, donc ce ne sera pas la peine de déménager ! Et qu'est-ce qu'elle a à me fixer comme ça ?

Sa tirade continua en un flot d'injures envers Bella. Je la fis taire d'un grognement étouffé que seul des oreilles de vampire étaient capables d'entendre, à l'exception de Bella qui se trouvait trop près de moi. Je tournais ensuite les yeux vers elle. Elle était terrorisée par Rose, et complètement déboussolée par le regard qu'elle lui avait lancé ! Il va falloir qu'on ait une petite discussion.

----- - Désolé, m'excusais-je pour ma sœur, même si elle ne le méritait pas. J'avais du mal à maîtriser ma colère, et en plus je devais lui trouver une raison valable d'agir ainsi ! Elle est inquiète, continuais-je, rien de plus... c'est que... ce ne serait pas dangereux uniquement pour moi si, après m'avoir fréquenté de façon aussi ostensible, tu... je n'arriverais jamais à prononcer ces mots...
----- - Je ? Insista-t-elle
----- - Les choses se terminaient... mal.

Je cachais mon visage, je ne voulais pas l'effrayer avec mes expressions qui devaient être celles d'un homme torturé, par l'image de celle qui aime, tuée par lui. Le mélodrame de l'amour impossible se jouait alors dans ma tête, le tout ponctué par les visions embrumées d'Alice.

----- - Ne crains rien Edward, je ne te laisserais jamais lui faire de mal. Jasper a senti ton angoisse, mais je peux t'assurer que tout va bien se passer demain. Et surtout n'écoute pas Rose, elle ne comprend pas et elle a peur que tu commettes quelque chose de dangereux pour nous. Pensa-t-elle à mon attention.

Je ne savais pas comment interpréter ce qu'elle venait de penser. D'un côté elle disait que je ne lui ferais aucun mal, et d'un autre, qu'elle protègerait Bella de moi, si je venais à perdre le contrôle. L'avenir était trop flou pour qu'elle me voie précisément. Je devais prendre des décisions. Je sentais qu'elle me cachait encore quelque chose.

----- - Tu dois absolument partir maintenant ? demanda-t-elle le plus naturellement possible, mais elle ne parvenait pas à dissimuler sa frustration.
----- - Oui...
----- - Ressaisis toi Edward, me coupa Alice, nous devons partir maintenant. Je sais que tu souffres de ta soif et je te rappelle qu'il reste encore un quart heure de ce film en Biologie. Tu ne le supporterais pas.
----- - ...C'est mieux ainsi, continuais-je. Il reste encore un quart d'heure de ce maudit film à visionner en biologie, et je ne crois pas que j'arriverai à le supporter.

Rien que d'y penser, j'eus des frissons tout le long du dos, et le dos de ma main me picotait à nouveau, tandis que la brulure de ma gorge s'intensifiait.

----- - Présente-moi, s'il te plaît. Pensa Alice, qui était déjà arrivée derrière moi.

Bella sursauta, elle ne l'avait pas vue venir.

----- - Alice, la saluais-je.
----- - Edward. Aller, ne te fais pas prier, présente-moi. Tu me dois bien ça ! Je suis la seule à te soutenir je te signale !
----- - Alice, Bella ; Bella, Alice, les présentais-je finalement. Elle avait vraiment le don de marchander à son avantage.
----- - Salut ! Ravie de te rencontrer enfin, dit-elle à Bella. Merci Edward, je sens que bientôt nous serons inséparables.

J'aurais voulu lui répondre de ne pas trop s'emballer, mais Bella aurait intercepté le moindre souffle sortant de ma bouche, et je ne voulais pas qu'elle pense que je lui cachais quelque chose.

----- - Bonjour, murmura Bella, intimidée par ma sœur.
----- - Tu es prêt ? me lança Alice. Nous devons partir avant la reprise des cours.
----- - Presque. Je te retrouve à la voiture, dis-je sans quitter Bella des yeux. Je voulais m'assurer avant de partir, qu'il ne lui arriverait rien en mon absence.

Alice s'éloigna, impatiente de commencer la chasse, elle souffrait cependant beaucoup moins que moi de la soif, et le fumet de chevreuil était écœurant comparé a celui qui me brulait la gorge.

----- - Aurais-je dû lui souhaiter de bien s'amuser ou ça aurait été déplacé ? S'enquit-elle.
----- - Non, ça aurait convenu, rigolais-je.
----- - Amuse-toi bien, alors, me dit-elle, feignant l'entrain. Elle était vraiment mauvaise comédienne. Elle devait aussi souffrir de l'éloignement, mais ce n'était rien comparé à moi ! Mais étant donné mon manque de sang, une partie de chasse était le remède idéal pour me changer les idées. Et demain je passerai la journée avec elle. Ce qui rendit encore plus acceptable mon activité de cet après midi.
----- - J'y compte bien. Quant à toi, tâche de rester en vie.
----- - A Forks ? Quel défi ! Se moqua-t-elle.
----- - Pour toi, c'en est un, dis-je le plus sérieusement possible. Je voulais pouvoir chasser l'esprit en paix. Et chanceuse comme elle est, je ne voulais prendre aucun risque. Elle en prendrait suffisamment le lendemain sans avoir besoin d'en rajouter aujourd'hui ! Promets !
----- - Je promets de rester en vie, ânonna-t-elle. Je m'occuperai de la lessive ce soir, voilà qui ne devrait pas être trop dangereux.
----- - Ne tombe pas dedans, raillais-je.
----- - Je ferai mon possible.

Nous nous levâmes

----- - A demain, soupira-t-elle d'un air désespéré.
----- - Ça te semble si loin que ça ? Plaisantais-je. Je ne pouvais pas concevoir que ce soit plus pénible pour elle que pour moi.

Pour toute réponse, elle hocha la tête d'un air lugubre.

----- - Je serais là à l'heure, jurais-je en lui souriant. J'y serais même avant !

Je ne pouvais pas me permettre de lui déposer un baiser sur le front en guise d'au revoir. J'aurai tellement voulu pourtant. Je devais lutter contre mon envie presque instinctive de me pencher vers elle pour lui déposer un délicat baiser sur son front si doux et si fragile. Je me contentais alors d'effleurer sa joue. Son contact était tellement agréable. Tellement plaisant. Trop plaisant. La brulure de ma gorge s'intensifia. Je devais partir à présent, avant de me laisser emporter par mes instincts destructeurs.

Alice m'attendait dans la voiture, immobile, les yeux perdus dans le futur proche qu'elle scrutait. Je reconnus la clairière où j'avais l'intention d'emmener Bella le lendemain. J'avais toujours la sensation qu'elle me cachait quelque chose, mais elle s'appliquait trop pour que je puisse voir ce que c'était.

----- - Que me caches-tu ? C'est a propos de Bella ? De demain ?
----- - Sois patient s'il te plaît, je ne suis sûre de rien pour le moment, je t'en parlerai tout à l'heure. Et arrête de m'espionner !!
----- - Très bien. Je vais essayer. Mais tu sais que je déteste quand tu fais ça !

Je ne voulais rien laisser paraître, mais en réalité, j'étais terrifié. Qu'avait-elle vu qui l'inquiétait ? Je me rappelais ensuite ce qu'elle avait dit la nuit dernière. Des décisions restaient à prendre, notre relation devait prendre une direction. Elle ne pouvait pas rester ainsi, instable et dangereuse pour tout le monde. JE devais prendre une décision.

Je m'arrêtais à côté de la camionnette de Bella, cette fois je n'entrerais pas par effraction. Toutes les maisons américaines avaient une cachette secrète pour la clé de la porte d'entrée. Celle-ci ne faisait surement pas exception. En effet, Alice ne mit pas longtemps à la trouver. J'entrais, ma sœur sur les talons. Alice s'occuperait du rez-de-chaussée, et moi de l'étage. Je pénétrais d'abord dans sa chambre, et utilisais mon odorat. Rien. La dernière fois que j'avais vu Bella avec sa camionnette, elle portait un jean. Je me dirigeais alors dans la salle de bains, et là, je ne mis qu'une seconde pour prendre la clé qui était dans la poche du fameux jean !

Je rejoignis Alice et lui confiais les clés. Dans la cuisine, je rédigeais un petit mot à l'attention de Bella, pour qu'elle pense à moi, et qu'elle soit prudente. C'était certes un geste égoïste de ma part, mais je pouvais m'en empêcher.

----- - Pourras-tu déposer ceci sur le siège conducteur en laissant les clés sur le contact ?
----- - Bien sur, ne t'inquiète pas, je sais ce que j'ai à faire. On fait la course ? dit-elle d'un ton espiègle.


Arrivé à la maison, Alice avait déjà franchi la rivière. Elle m'avait devancé malgré le fait qu'elle conduise l'antique Chevrolet de Bella. Elle était vraiment pressée. Mais quelle était sa priorité, me dire ce qu'elle avait vu ou chasser ? Je la suivis, et la rattrapa rapidement. Elle me cachait toujours ses pensées. J'en profitais donc pour essayer de prendre la fameuse décision manquante.

A vrai dire, je n'avais aucune idée de la façon dont se passerait la journée de demain. La meilleure chose à faire serait de montrer à Bella ma vraie nature. Elle devait me voir tel que j'étais réellement, un vampire, un monstre. Ensuite, ce serait à elle de faire son choix...

----- - NON !!!

Alice venait de pousser un cri de douleur qui la stoppa net dans sa course. Et étant donné que je lui avais dit que je le l'espionnerai pas, je n'avais pas vu ce qui l'avait effrayé à ce point, mais ce dont j'étais sûr, c'est que ça provenait de sa vision.

----- - Je t'en prie Alice, dis-moi ! Dis-je désespérément.
----- - Edward, c'est horrible, je... j'ai vu... hoqueta-t-elle
----- - Alice, la suppliais-je.
----- - Je t'ai vu avec Bella, demain, dans la clairière...
----- - Jusque là, tout est normal, mais ce n'est pas ça qui t'a tant effrayée.
----- - Edward, promets moi de faire attention.
----- - Alice, la pressais-je.
----- - Je t'ai vu tuer Bella !

A cet instant, j'eus l'impression que la terre s'était arrêtée de tourner. Je ne voyais plus rien, n'entendais plus rien, ne ressentais plus rien. Tout mon être était anesthésié par la douleur qui venait de me transpercer. Comment Alice pouvait-elle m'avoir vu tuer Bella alors que je n'avais pris aucune décision. Sauf celle de me montrer à Bella tel que j'étais. Je voulais qu'elle voie ma vraie nature. C'était le seul moyen pour que notre relation prenne une direction. A cet instant, la véracité de la prédiction d'Alice me frappa une nouvelle fois. Encore plus douloureuse, car je m'apercevais qu'en voulant me montrer honnête, je planifiais le meurtre de ma muse. Je me dégoutais moi-même.

----- - Je n'irais nulle part demain, dis-je d'une voix que je ne reconnus pas.
----- - Oh que si, tu iras dans cette clairière ! La décision que tu as prise ne conduit pas nécessairement à ma vision. Je te rappelle qu'elles sont changeantes selon les choix que nous faisons.
----- - Mon choix est fait et je ne peux en changer. Je dois montrer à Bella ma vraie nature. C'est essentiel. L'image qu'elle se fait de moi est complètement fausse. Il faut que je lui montre que les vampires ne sont pas des anges.
----- - Je suis d'accord avec toi, Edward. Il faut que tu te comportes naturellement avec elle. Cependant, je t'en prie. Fais attention... je l'aime tu sais.
----- - Je sais que tu tiens à elle, mais n'exagère pas. Tu ne l'aimes pas comme je l'aime. Et qu'as-tu en tête ? Je ne peux pas passer la journée avec elle alors que tu me vois la tuer !
----- - Ma vision se basait sur le moment présent pour interpréter l'avenir. Tu viens de prendre une décision et tu es dans un état critique pour un vampire. Tu es vraiment en manque de sang. Si tu étais resté en cours avec Bella cet après-midi, je ne te garantis pas qu'elle s'en serait sortie indemne ainsi que toi d'ailleurs. Mais demain, quand tu seras seul avec elle, tu auras fait le plein d'hémoglobine, ce qui changera la donne. Mais ça, je ne peux pas le prévoir pour le moment. Comme je te l'ai déjà dit, mes visions changent, et en ce qui vous concerne, j'ai l'impression de tout le temps voir flou !

Je voyais bien qu'elle essayait de me rassurer comme elle le pouvait, mais rien n'y fit. Et la meilleure chose à faire était de mettre tout de côté pour le moment. Ma gorge me brulait horriblement et mes instincts étaient à l'affut d'un Puma qui se trouvait 500 mètres plus à l'est. Quant à Alice, elle suivit la trace d'un troupeau de biche. Elle commença par le cerf qui était en chef de file.

Dans le parc national, nous pûmes trouver nos mets préférés. Après quelques pumas et un ou deux petits troupeau de biches et chevreuils, nous fûmes rassasiés. J'avais l'impression d'être gorgé de sang au maximum, à tel point, que j'en étais presque écœuré. Mais au moins maintenant j'avais l'esprit plus clair. Je n'étais plus esclave de ma soif. Alice avait également l'air plus sereine. Elle eut encore une vision. Moi dans la clairière, caché à l'ombre des arbres, le regard noir, et Bella dans les rayons du soleil, me regardant avec ses yeux curieux. Elle ne semblait pas effrayée, elle m'attendait.

----- - C'est demain que tu devras prendre une décision Edward. Me dit Alice. Tu devras choisir entre elle vivante ou elle morte.
----- - Comment peux-tu me demander un choix pareil ? C'est de la torture ! Et mon choix est fait d'avance : elle restera en vie ! Dis-je d'un ton catégorique.
----- - Nous verrons ça demain mon cher. Mais je t'en supplie, fais attention, n'oublies pas qui tu es !

J'avais vraiment du mal à suivre son raisonnement. Je tremblais presque à l'idée que demain pourrait être fatal à Bella. Je ne voyais pas comment cette fameuse décision ne pouvait être prise que demain.

Je me repassais la vision d'Alice dans la tête, la posture que j'adoptais dans la clairière me faisait presque peur à moi-même. Qu'avait fait ou dit Bella pour me mettre dans un état pareil ?

Alice quant à elle, continuait de scruter l'avenir, mais ne trouva rien d'autre qui aurait pu m'aider.

Nous restâmes dans le parc un moment, à analyser les possibilités de l'avenir proche. Alice avait confiance en ses visions, et j'aurais aimé pouvoir dire la même chose.

De retour à la villa, je voulais éviter de passer par le salon où Rose passait en revue toutes les chaînes du câble. Je ne supporterais pas une nouvelle dispute avec elle dans mon état de nerfs. Mais à mon grand étonnement, Rosalie n'était pas d'humeur hostile ce soir. Ses pensées étaient toutes focalisées sur la télévision.

----- - Elle m'a promis de ne plus te harceler jusqu'à demain, pensa Emmett.
----- - Merci, lui soufflais-je.

Les pensées de Rose me laissaient cependant entrevoir qu'il y avait un pari dans l'air. Je préférais partir en courant plutôt que de laisser exploser ma colère. C'est sur la vie de Bella qu'elle pariait !

C'est uniquement lorsque j'atteignis la maison de Bella que je ralentis mon allure. Cette fois je ne savais pas si j'allais franchir sa fenêtre. J'étais conscient plus que jamais des risques que je lui faisais prendre. Et mes craintes avaient redoublées face aux révélations d'Alice. La journée de demain sera vraiment un tournant pour nous deux.

Je faisais les cents pas sous sa fenêtre, indécis. Tout ce que je désirais, c'était de la voir dormir. Je le faisais toutes les nuits, et je ne lui ai jamais rien fait de mal, je n'ai jamais fait quelque chose qui aurait pu la mettre en danger. J'ai toujours su respecter une distance avec elle lorsque je venais en douce. Non, je ne devais pas faire d'erreur. Je me contentais alors de tendre l'oreille, pour essayer tout de même d'entendre ses merveilleux murmures. Mais hélas, je n'entendais rien d'autre que sa respiration calme et régulière. Elle dormait profondément.

C'est alors, que face à cette situation qui me semblait sans risques, je me glissais par la fenêtre. Je pris ma place habituelle, et la contemplais ainsi jusqu'au moment où il était temps pour moi de la laisser se réveiller.

A la villa, rien n'avait bougé. Rose était toujours devant la télévision avec Emmett, cependant, ils ne la regardaient plus. Ils se contemplaient l'un l'autre, dans un silence gênant pour moi. Je montais vite dans ma chambre, pour leur laisser leur intimité. Je les enviais. J'aurais aimé passé la nuit à regarder Bella dans les yeux, et non plus clandestinement. Pour les oublier, je mis un CD de Debussy, et j'écoutais ma chanson préférée. Au milieu du morceau, cependant, je n'étais pas satisfait, une autre musique se jouait dans ma tête. La berceuse.

Je profitais qu'Emmett et Rose aient gagné leur chambre, pour m'installer au piano.
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laure

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MessageSujet: Re: Suite Midnight Sun [fanfiction] Sam 20 Fév - 12:20

Chapitre 15

Première partie

----- J'étais sur le pas de sa porte, je l'entendais se brosser les dents à l'étage. J'attendis qu'elle ait fini pour frapper un petit coup discret mais assez fort pour qu'elle l'entende. Dès qu'elle l'eut entendu, son cœur s'emballa. Je commençais à m'habituer aux ratés de son cœur en ma présence, mais cela m'inquiétait tout de même.

Elle vint m'ouvrir en dévalant l'escalier, et se débattit avec le verrou. Son empressement trahissait sa nervosité. Je l'étais également mais pour d'autres raisons. Elle m'accueillit avec un grand sourire, insouciante du danger que je représentais. C'est comme si les trois petits cochons avaient laissé le loup entrer dans leur maison de brique. Incompréhensible.

En la détaillant de plus près, je m'aperçus que nous étions habillés à l'identique, une chemise, un gilet marron clair et un jean. Ce détail me surprit et me fit rire. Il était amusant de voir que nous avions choisi la même tenue pour une journée qui était importante autant pour moi que pour elle.

----- - Bonjour ! Lançais-je joyeusement.
----- - Qu'est qui cloche ? demanda-t-elle, n'ayant rien remarqué. Elle s'examina sous toutes les coutures, cherchant le détail qui m'avait amusé.
----- - Nous sommes habillés pareil ! M'esclaffais-je.

Elle m'examina alors en constatant que j'avais raison. Son rire vient alors se joindre au mien. Elle ferma ensuite la porte, et je m'approchais de la camionnette du côté passager. Je n'avais pas oublié notre accord, cela me déprimait. D'ailleurs, cet accord était mon idée ; ce jour là, elle était en colère contre moi parce que je n'avais pas pu m'empêcher de l'espionner. Je ne supportais pas l'idée qu'elle soit fâchée après moi, je voulais qu'elle me pardonne, mais je ne pouvais lui promettre de ne plus recommencer sans lui mentir, et c'était le seul compromis qui paraissait acceptable à ses yeux.

----- - On a passé un accord, me rappela-t-elle inutilement, tout en s'installant triomphalement derrière le volant. Où va-t-on ? S'enquit-elle ensuite en ouvrant ma portière de l'intérieur.
----- - Mets ta ceinture, j'ai déjà la frousse. Pourtant je n'étais pas d'un naturel froussard, mais avec elle au volant, il fallait s'attendre à toutes les catastrophes possibles. Non pas que j'étais macho, je n'adhérais pas à l'idée que se faisaient les hommes des femmes au volant, mais avec Bella, c'était différent. Mettez un aimant à danger dans une voiture et voyez le résultat ! J'en frissonnais !

Aussi surprenant que cela pouvait paraitre, elle m'obéit, non sans me gratifier d'un regard mauvais. Je notais qu'elle prenait vite la mouche, d'autant plus lorsque la réflexion venait de moi. Je profitais alors de sa soudaine docilité.

----- - Prends la 101 en direction du nord, lui ordonnais-je.

Elle prit la direction que je lui avais indiquée en roulant très prudemment. Je la couvais du regard tout le temps qu'elle traversa la ville. Je profitais qu'elle était concentrée sur la route pour l'observer. Je remarquais alors qu'elle était nerveuse. En effet elle avait battu le record de lenteur. Apparemment, elle n'avait pas assimilé le fait que rouler trop lentement est aussi dangereux que rouler trop vite.

J'attendis alors patiemment qu'elle daigne accélérer, mais au bout d'un moment cela commençait vraiment à me taper sur les nerfs. Or, je voulais tout faire pour éviter d'avoir des sautes d'humeur. La vision d'Alice ne pouvait pas se réaliser pour quelque chose d'aussi stupide !

----- - Tu as l'intention de quitter Forks avant la nuit ? L'apostrophais-je.
----- - Cette bagnole est assez vieille pour avoir appartenu à ton grand père. Un peu de respect !

Mon grand-père ?? Elle exagérait beaucoup là ! Sa camionnette était antique certes, mais pas à ce point tout de même. Mon véritable grand-père était né en 1850 !

Nous arrivâmes enfin à la lisière de la forêt. Je vis ses yeux chercher une route pour continuer, je lui indiquais alors le chemin.

----- - Tourne à droite sur la 110.

Elle resta silencieuse, ce qui n'était pas dans ses habitudes. Elle semblait un peu déboussolée par l'endroit, et elle redoubla de concentration. Elle ne croisa pas mon regard une seule fois de tout le trajet. Ce qui était sans doute mieux, vu l'effet que cela lui faisait à chaque fois !

----- - Maintenant on continue jusqu'à ce que la chaussée disparaisse.

Je réprimais mon rire, je ne voulais pas la déconcentrer pour qu'elle m'en veuille après.

----- - Et qu'y a-t-il après la chaussée ?

Haha ! Finalement elle n'avait pas pu résister plus longtemps, la curiosité l'emportait sur la prudence muette qu'elle s'était imposée depuis qu'elle avait mis le contact. Ce qui n'était pas pour me déplaire.

----- - Un sentier.
----- - On part en balade ?
----- - Ça te pose un problème ?

Cette question me déchira en deux. D'une part, j'étais impatient de lui montrer l'endroit que j'aimais tant et de pouvoir passer du temps seul avec elle là-bas, mais en même temps, je redoutais de voir s'accomplir la vision d'Alice...

----- - Non, dit-elle avec trop d'assurance pour que cela soit sans arrière pensée. Peut-être appréhendait-elle cette journée autant que moi. Ou alors, elle n'aimait pas les balades, dans ce cas j'essayais de la rassurer.
----- - Détends-toi, rien qu'une petite dizaine de kilomètres, et nous ne sommes pas pressés.

Ses yeux s'écarquillèrent, comme sous le choc ? Elle ne répondit pas, une dizaine de bornes, ça n'était pas si terrible. Que redoutait-elle ? Cette fois encore le silence de ses pensées me frustra au plus haut point. Vraiment, je ne m'habituerais jamais à ça ! pourquoi ne me faisait-elle pas part de ces pensées ? Elle pouvait me faire confiance. Au bout d'un long moment de silence, je n'y tenais plus.

----- - A quoi penses-tu ? M'impatientais-je.
----- - Je me demandais juste où nous allions, me répondit-elle sans vraiment en être convaincue. Elle était vraiment mauvaise comédienne, ce qui était plutôt à mon avantage. Si je ne pouvais entendre ses pensées, je pouvais au moins interpréter ses réponses.
----- - C'est un endroit où j'aime me rendre quand il fait beau.

Et justement Alice avait prédit une belle journée. D'un même mouvement, nous jetâmes un coup d'œil sur les nuages qui s'effilochaient.

----- - Charlie m'a assuré que la journée serait chaude.
----- - Lui as-tu avoué ce que tu manigançais ? Je croisais les doigts pour qu'elle l'ait fait...
----- - Non.
----- - Jessica croit toujours que nous allons ensemble à Seattle, au moins ? Il fallait qu'au moins une personne sache qu'elle se trouvait avec moi, il devait y avoir un témoin, il fallait qu'il y ait au moins une personne capable d'identifier la dernière personne ayant vu Bella si jamais il lui arrivait quoi que ce soit aujourd'hui. Il était dur pour moi d'imaginer que Jessica, qui avait le don de me taper sur les nerfs avec ses monologues égocentriques, allait être mon garde-fou pour la journée.
----- - Non plus, je lui ai raconté que tu avais annulé, ce qui est vrai d'ailleurs. Dit-elle d'un air satisfait qui m'exaspéra. Tous mes espoirs pour la garder en vie s'envolèrent.
----- - Alors, personne ne sait que tu es avec moi ? Je sentais la colère monter, mais je luttais contre. La vision d'Alice ne se réalisera pas me répétais-je pour m'en convaincre.
----- - Pas forcément... car j'imagine que tu as prévenu Alice ?
----- - Bravo, Bella ! J'ai vraiment l'impression d'être soutenu ! Es-tu si déprimée par Forks que tu veuilles te suicider ? M'emportais-je malgré moi. Je ne la comprendrais jamais ! Pourquoi avait-elle dit à Jess qu'on ne passait plus la journée ensemble.
----- - Je croyais que ça risquait de t'attirer des ennuis... qu'on nous voie ensemble. Risqua-t-elle timidement. Elle voyait que j'étais réellement en colère, mais n'en comprenais pas la raison.
----- - Tu t'inquiètes des soucis que je pourrais avoir si toi, tu ne rentrais pas chez toi ? C'est le bouquet !

Elle acquiesça, sans pour autant oser me regarder dans les yeux.

Mais que lui était-il passé par la tête ? Elle savait que j'étais un vampire, elle savait également que son sang avait une odeur particulièrement irrésistible pour moi, et que j'avais tendance à me laisser dominer par mes instincts.

La vision d'Alice me revint en tête, elle était tellement claire que j'avais l'impression qu'il s'agissait d'une nouvelle vision et qu'Alice se trouvait dans les parages. Mais c'était impossible. D'ailleurs, elle n'avait pas évolué, c'était bien celle que j'avais lu dans l'esprit de ma sœur quelques heures plus tôt.

Les soucis que je pouvais avoir en étant trop souvent vu en sa compagnie n'étaient rien, rien du tout même, par rapport au fait qu'il lui arrive quelque chose aujourd'hui par ma faute.

Je passais le reste de la route à réfléchir à voix haute sur l'inconscience de Bella, mais trop vite pour qu'elle ne puisse comprendre un traitre mot de ce que je disais. J'essayer de trouver une solution que cette journée ne finisse pas en drame, et en même temps, je cherchais quel pouvait être cette fameuse décision que je devais prendre.

Nous arrivâmes enfin au bord du sentier. Dieu que sa camionnette pouvait être lente ! Elle se gara sur le bas-côté, et bondis de voiture. Pour la première fois, elle semblait effrayée. Ma colère semblait l'effrayer plus que ma nature meurtrière, incompréhensible ! Je sortis à mon tour, après avoir ôté mon gilet, qui m'était complètement inutile. Bella avait fait de même, laissant apparaitre ses ravissantes épaules. A la vue de ses épaules chaudes et rosées, je voulais balader mes doigts dessus, et pourquoi pas même y déposer quelques baisers... Tu délires, me rassérénais-je, ce n'est vraiment pas prudent de tenter le diable à ce point. Et en l'occurrence, le diable, c'était moi. Serais-je assez fort pour m'arrêter sans lui faire de mal ? Sans la blesser ? Je ne méritais pas un être tel qu'elle à mes côtés. Je devais être plus prudent aujourd'hui que jamais ! Sa vie en dépendait.

Je claquais ma portière et me tournais vers la forêt, appréhendant le moment où nous serions seuls, et où je lui montrerais qui j'étais vraiment. Peut-être fuirait-elle en courant... non...elle ne le pourrait pas... elle serait perdue.

Je chassais vite ces sombres pensées.

----- - Par ici, dis-je en jetant un coup d'œil derrière moi.
----- - Mais le chemin ? Bêlât-elle, paniquée, en courant autour du camion pour me rattraper. Je profitais de son inattention pour déboutonner ma chemise, ainsi elle verrait par elle-même à quel point ma peau était répugnante.
----- - Je n'ai jamais dit que nous l'emprunterions.
----- - Ah bon ?

J'avais raison, sans moi elle était complètement perdue dans cette forêt. Mais sans toi elle ne s'y risquerait pas ! Me dit une voix sournoise dans ma tête, mais criante de vérité.

----- - Je ne te laisserai pas te perdre va ! Me radoucis-je devant tant de désarroi en me tournant vers elle. L'heure de vérité approche me dis-je.

Elle poussa un petit cri à la vue de mon torse dénudé. Avait-elle peur ? A ce moment précis, j'aurais tout donné pour pouvoir entendre ses pensées. Elle m'examina et plus elle observait mon torse, plus son visage prenait des airs torturés. Je devais sûrement la dégouter, peut-être se retenait-elle pour ne pas fuir en courant... pour la seule raison qu'elle avait peur de se perdre. J'étais un monstre et un égoïste pour avoir espéré croire qu'elle ne serait pas terrifiée par ma vraie nature !

----- - Tu préfères rentrer ? Murmurais-je d'une voix qui trahissait ma souffrance.
----- - Non.
----- - Qu'y a-t-il, alors ? Dis-je plus tendrement. Je ne voulais pas l'effrayer, pas maintenant.
----- - Je ne suis pas très bonne marcheuse, confessa-t-elle penaude. Il va falloir que tu sois très patient.
----- - J'en suis capable... même si ça exige beaucoup d'efforts. Ce qui n'était pas peu dire. Je détestais devoir me mouvoir à une vitesse humaine en temps normal, mais là que j'avais décidé de me comporter naturellement, elle me demandait d'être encore plus lent que d'habitude ! Mais pour elle j'aurais fait n'importe quoi. Je pris donc mon mal en patience, en me promettant une descente beaucoup plus rapide pour compenser.

Nous avions la journée devant nous... et je n'étais pas vraiment pressé de me retrouver dans la clairière, seul avec elle, et revivre en direct la prémonition d'Alice.

Je lui souris alors, pour lui montrer que j'étais capable de l'attendre et de marcher à son rythme. Elle semblait découragée avant même d'avoir commencé à marcher. Je voulais que nous puissions agir normalement. Elle tenta de me retourner mon sourire, mais sans grande conviction. Craignait-elle que la journée ce passe mal?

Je l'observais, et me répétais qu'il n'y avait aucune raison pour que je perde le contrôle. Ses cheveux ondulaient imperceptiblement, caressés par une douce brise. Ses épaules semblaient si fragiles, j'aurais aimé la prendre dans mes bras pour la protéger. Mais ici, c'était moi qui étais le plus dangereux pour elle. Il fallait que je la protège de moi-même.

----- - Tu vas rentrer chez toi, jurais-je pour elle et pour moi.
----- - Si tu veux que je crapahute dix bornes dans la jungle avant le coucher du soleil, tu ferais mieux d'avancer, lança-t-elle acide.

Je ne comprenais pas sa colère. Ou plutôt, j'étais étonné de voir qu'elle était plus contrariée qu'apeurée. Je venais de lui dire que j'allais tenter de me contrôler pour qu'elle puisse rentrer chez elle ce soir saine et sauve, et tout ce qui l'importait était de faire les dix kilomètres de marche avant la nuit.

Nous nous enfonçâmes peu à peu dans la forêt. L'odeur des pins, de la végétation et des animaux alentour gagnèrent mes narines. Ce qui m'effraya un instant. Nous étions dans le même environnement que lors de mes parties de chasse. Mais l'odeur la plus appétissante n'était pas celle d'un puma, mais celle de Bella.

A mon grand étonnement, mon corps de vampire fut sans réaction. Au cas où, je m'étais préparé à lutter contre mon instinct, mais seul mon corps d'homme réagissait à cet instant précis. A mon plus grand bonheur, je réalisais que Bella avait transformé le monstre qui était en moi en homme capable de se maitriser. Et je priais pour que cet état ne s'arrête jamais, ainsi la prédiction d'Alice ne se réaliserait pas. Le bonheur que je ressentais en sa compagnie était quelque chose d'inédit qui balayait tout sur son passage. Pour cette raison, sa lenteur ne fut pas si exaspérante que je l'avais craint.

Elle me suivait tant bien que mal, sans se plaindre. Connaissant sa tendance aux maladresses, je faisais mon maximum pour lui éviter tous les obstacles de mère nature : je prenais les chemins dégagés, j'écartais les fougères humides et les rideaux de mousse devant elle, je lui tenais le coude pour l'aider à franchir des troncs d'arbres ou des rochers. Je me faisais violence pour la relâcher dès qu'elle n'avait plus besoin de se tenir à moi. Son cœur s'accélérait dangereusement à chacun de ces contacts, ce qui ne manquait pas de me troubler. Je sentais ma peau s'embraser dès que je posais la main sur elle. Ce qui était cependant loin d'être désagréable, et me donnait encore plus envie de prendre sa main dans la mienne. Mais c'est exactement pour cette raison que je ne pouvais pas le faire. La froideur de ma peau de marbre allait la dégouter, même si elle n'oserait jamais l'avouer. Et je ne voulais surtout pas lui paraître désagréable. Je me contentais alors de son odeur, délicieuse, et des effluves de chaleurs qu'elle dégageait, la rendant encore plus attrayante à mes yeux.

Ce que je ressentais était dur à expliquer. Je connaissais ces sentiments pour les avoirs vus mainte et mainte fois joués par des acteurs dans divers films, mais jamais je ne les avais ressentis moi-même. Et je ne pouvais pas mettre de mots dessus. Dans mon esprit, le fait de verbaliser ce que je ressentais envers Bella, le rendait moins beau, moins mystérieux, moins magique. Cela perdait de son charme avec les mots. Il n'existait pas de mots assez forts pour décrire la puissance de mes sentiments, qui étaient d'autant plus amplifiés par ma nature vampirique.

Nous avions commencé notre ascension en silence, bercés uniquement par le chant de quelques oiseaux et le clapotis apaisant d'un cours d'eau, trop loin pour que Bella puisse l'entendre. Mais ce silence devenait de plus en plus pesant, au fur et à mesure que mon désir de la toucher grandissait. Pour éviter de me laisser contrôler par mes émotions, j'engageais la conversation en plus posant quelques petites questions qui avaient échappé à mon investigation de ces deux derniers jours. Notamment la date de son anniversaire, les enseignants qu'elle avait eus à l'école primaire, les animaux de son enfance. Cette dernière chose provoqua mon hilarité. En effet, elle m'apprit qu'elle avait tué trois poissons rouge à la suite, et que depuis elle avait renoncé à ce genre d'institution. Et ce qui déclencha mes rires était la façon penaude et honteuse dont elle me l'annonça. Je ne l'imaginais pas en train de faire du mal intentionnellement à ces pauvres bêtes, elle qui était si fragile, elle ne ferait pas de mal à une mouche.

J'avais eu du mal à calmer mon hilarité. Pourtant le fait qu'elle a tué trois poissons n'avait rien de particulièrement drôle, mais mon rire cachait également ma nervosité.

Il nous fallut presque toute la matinée pour faire le trajet que j'avais prévu. Ma patience me surpris presque, Bella avait un effet vraiment apaisant sur moi, et son pouvoir était presque plus efficace que celui de Jasper. En effet celui-ci forçait ma volonté, alors que Bella m'apaisait de façon naturelle.

Je ne pouvais pas entendre ses pensées, mais il me restait d'autres atouts. Je pouvais en effet sentir sa nervosité et son impatience grandir, par les battements accélérés de son cœur, et la fine pellicule de sueur qui se formait sur sa nuque.

Le soleil commençait à percer la pénombre des arbres, je fis alors attention de ne pas me mettre dans un des rayons qui passaient au travers des feuilles. Je ne voulais pas lui faire peur prématurément. Et comme pour confirmer mes dires, elle me demanda :

----- - On est bientôt arrivés ?
----- - Presque, dis-je d'un ton narquois. Tu vois la lueur là-bas ?

Elle scruta l'endroit que je lui avais indiqué en vain, je savais parfaitement que pour des yeux d'humain l'orée que je pouvais voir était hors de portée.

----- - Euh... non.
----- - C'est sans doute un peu trop loin pour tes yeux. La taquinais-je.
----- - Alors, il serait temps que j'aille chez l'ophtalmo, marmotta-t-elle, ce qui me fit rire.

Un ophtalmo ne comprendrait pas si elle allait se plaindre de ne pas pouvoir voir au-delà de plusieurs centaines de mètres.

Au bout d'une centaine de mètres, cependant, elle dut l'apercevoir, car elle accélérait le pas, je la sentais de plus en plus fiévreuse. Elle était pressée d'en finir avec cette balade. Et pour tout dire, je commençais moi-même à être de plus en plus nerveux. Je la laissais passer devant moi, ainsi elle découvrirait la clairière par elle-même.

Elle franchit la dernière rangée de fougères, et pénétra enfin dans la petite clairière, qui était pour moi comme le plus bel endroit du monde. Elle sourit à la vue du soleil baignant la place de lumière mordorée. Elle s'avança lentement, puis se retourna, me cherchant des yeux. Ne me voyant plus, elle eu un air alarmée, croyait-elle que j'allais l'abandonner ainsi après lui avoir fait endurer des heures de marche ? Puis elle me vit et m'observa avec curiosité.

Je n'osais pas sortir de l'ombre protectrice des arbres. Je savais qu'elle attendait que je lui montre l'effet du soleil sur ma peau, mais je ne savais toujours pas comment elle allait réagir, je ne connaissais pas l'élément déclencheur de ma bestialité dans la vision d'Alice. J'avais peur, étrange pour un vampire non ?

Elle s'avança vers moi, me fit un sourire encourageant. Elle voulait que je la rejoigne, mais faute de réaction de ma part, c'est elle qui me rejoignait. Je ne voulais pas qu'elle s'approche plus de moi, je ne voulais qu'elle soit trop près de moi quand elle verra ma peau briller au soleil. Je ne voulais pas qu'elle ait peur de s'enfuir si toutefois elle le désirait. Je levais alors le bras pour lui intimer de stopper. Ce qu'elle fit en oscillant sur ses talons.

Je respirais profondément, m'imprégnant de son arôme, et des effluves subtiles mais insignifiantes de mon environnement. Ma gorge était un brasier que je venais d'alimenter. Mon habitude à combattre la soif me fut d'une grande utilité, ainsi que la partie de chasse de la veille. Mon entretien de cette nuit avec Alice était gravé en moi, et je concentrais toutes mes forces et mes capacités mentales pour faire le bon choix le moment venu. J'inspirais une seconde fois, pour être sur de mes instincts. Je me maîtrisais parfaitement. Je restais cependant sur mes gardes par prudence.

Je me préparais également à subir ses hurlements quand elle verrait quel monstre j'étais. Cette fois, elle ne pourrait pas faire autrement que de me rejeter. Et il fallait que je me prépare à cette éventualité pour que le choc et la douleur de la perdre ne me fasse pas faire d'erreur.

Ne voulant pas la faire attendre plus longtemps, je fis un pas pour enjamber les fougères, puis plongeais dans l'éclatante aura du soleil de midi, transformant ma peau en une boule à facette.
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laure

loup-garou
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MessageSujet: Re: Suite Midnight Sun [fanfiction] Sam 20 Fév - 12:22

Chapitre 15
Deuxième partie


Je fermais les yeux. Je n'aurais pas supporté de voir son visage apeuré en me voyant. J'entendis son pouls s'accélérer, elle s'arrêta de respirer et étouffa un petit cri perçant. Pour une fois, j'avais vu juste. Je lui faisais peur. J'ouvris alors les yeux pour affronter sa colère ou sa peur, je ne savais pas encore dans quel état d'esprit elle était.

A ma grande surprise, ce n'était pas de la peur que je voyais dans ses yeux, mais de l'émerveillement. Je voyais mon reflet dans ses yeux brillants d'adoration. Etait-elle vraiment en pleine possession de ses capacités mentales ? J'avais vraiment peine à croire qu'elle pouvait aimer ce qu'elle était en train de voir. Elle était fascinée par le scintillement de ma peau, je m'étais attendu à tout sauf à ça. Ses réactions étaient toujours surprenantes et une parfaite énigme pour moi. Une fois de plus j'aurais tout donné pour pouvoir entendre ses pensées. Elle resterait pour toujours un éternel mystère.

Je m'approchais alors d'elle, doucement, son cœur battait la chamade, elle mit sa main dans la mienne sans lâcher mon torse des yeux. Je pouvais voir chaque grain de ma peau se refléter dans ses prunelles chocolat tendre, et j'essayais en vain de voir dans ses yeux ce qui la fascinait tant en moi. Ma peau me dégoutait toujours autant, mais je n'y pensais bientôt plus. Sa main dans la mienne était si agréable que j'en oubliais le reste.

Nous restâmes ainsi toute l'après-midi, je m'étais allongé dans l'herbe tendre et avais fermé les yeux, j'aurais pu rester ainsi des heures avec le délicieux parfum de Bella qui me brulait la gorge. Je le laissais m'envahir, pour ensuite le refouler, j'étais fier de mon self-control. J'étais bien décidé à tout mettre en œuvre pour ne pas commettre l'irréparable.

Je sentais son regard sur moi, mais je refusais d'ouvrir les yeux. C'était la première fois de ma vie que je me sentais aussi bien, j'étais dans un état de plénitude totale, je voulais que ce moment ne s'arrête jamais. Si seulement elle était vampire, mon souhait pourrait se réaliser. Je m'interdis cependant de telles pensées égoïstes, je ne voulais pas gâcher mon bonheur. Je chantonnais la douce berceuse que je lui avais composée. J'étais tellement serein, tellement heureux, jamais je n'avais ressenti ça auparavant.

----- - Pourquoi tes lèvres tremblent-elles ?
----- - Je chante, mais trop bas pour que tu puisses l'entendre.

Elle ne cessait de m'observer. Je la laissais faire, pour qu'elle s'habitue à mon physique inhumain. Je sentais son souffle chaud, porté par une douce brise s'écraser sur mon bras, j'en avais des frissons. Je luttais pour ne pas bouger et la serrer contre moi. C’en était peine croyable, mais cette clairière qui d'ordinaire m'apaisait tant, faisait aujourd'hui naître en moi une excitation grandissante à laquelle j'avais du mal à faire face. J'étais pourtant le champion dans le domaine du refoulage de sentiment, mais à cet instant, cette partie de moi était hors contrôle. C'était assez déstabilisant, mais je ne m'en plaignais pas.

Cette fille était tout bonnement incroyable. Elle m'avait appris tellement de choses, jamais je n'aurais cru ça possible. Grâce à elle je savais maintenant interpréter les réactions des personnes sans forcément lire dans leur esprit, il me suffisait de me baser sur leur rythme cardiaque et leurs yeux. Bien sur, cette personne ne devait pas être aussi imprévisible que Bella ! Mais en mettant en parallèle ces deux techniques, j'essayais de tout mon être de déchiffrer les pensées de Bella.

J'étais vraiment un être abject, elle était la seule personne qui me résistait et qui bénéficiait d'une intimité mentale méritée, et je faisais tout mon possible pour la lui prendre. Je me trouvais cependant des excuses en me disant qu'il était nécessaire que je la comprenne pour la sécurité de ma famille. Du moins, elle était valable au début.

Mes pensées se tournèrent ensuite vers un autre sujet. L'odeur de Bella m'emplissait les narines, et il m'était impossible d'en faire abstraction. Je pensais alors à elle de manière agréable, mon corps de vampire était sous contrôle, contrairement à mon corps d'homme qui ne demandait qu'une chose : être plus proche d'elle.

Je me souviens avoir entendu Jessica évoquer l'absence de notre premier baiser, après le drame de Port Angeles. Bien sur Jess n'était pas au courant des évènements, elle pensait seulement que l'on avait organisé un petit rendez-vous. Cette idée m'avait alors parut saugrenue et irréalisable. Aujourd'hui, je reconsidérais la question. J'essayais alors de m'imaginer l'effet que cela me ferait. Si seulement j'avais pu y songer avant, j'en aurais touché deux mots à Emmett.

Mes réflexions furent stoppées brutalement, et je sortis de ma bulle quand je sentis une brulure sur le dos de ma main. Ce n'était pas douloureux, mais étrangement familier et surprenant à la fois. Je me laissais faire. Je souris de plaisir, et ouvris mes yeux. Je vis Bella, tellement belle, tellement tendre, elle faisait courir ses doigts timidement sur le dos de ma main. Je m'émerveillais de sa beauté et des sensations qu'elle me procurait.

----- - Je ne t'effraie pas ? Demandais-je sur le ton de la plaisanterie, tout en attendant une réponse sincère.
----- - Pas plus que d'habitude.

Je lui souris alors de façon à ce qu'elle puisse voir mes dents aiguées, et qu'elle se souvienne du danger qu'elle était en train de caresser. Mais au lieu de la faire reculer, elle s'avança encore plus, et parcourut du bout de ses doigts hésitants les contours de mon avant-bras. Je sentais ses doigts trembler, ce qui me donnait encore plus de frissons sous ma peau. Je fermais alors les yeux pour graver ces sensations à tout jamais dans mon esprit.

----- - Je t'embête ? murmura-t-elle.
----- - Non. Tu n'imagines pas les sensations que tu me procures.

Rassurée, elle continuat l'ascension de mon bras en suivant la courbe de mes muscles, et de mes veines. Ce qui s'apparentait à la caresse d'une plume sur du béton armé. Une violente vague de désir s'emparât de moi sans crier gare. Je voulais pouvoir lui prendre sa main, lui retourner ses caresses. Je voulais lui faire ressentir ce qu'elle me faisait à cet instant. Ce fut dur de résister à la tentation. Je sentis sa main s'approcher de la mienne. Je devinais qu'elle voulait me la retourner pour continuer ses caresses, et sans que je puisse contrôler quoi que ce soit, je retournais ma main à une vitesse surhumaine. Je voulais que ses caresses continuent sans interruption. Elle se figea alors, ma rapidité l'avait surprise. Peut-être même l'avait effrayée. Mais après tout, je voulais qu'elle voie ma vraie nature, et c'était justement ce type de comportement qui était naturel chez moi, de plus je me sentais tellement bien en sa compagnie que j'en oubliais qu'elle était humaine et moi vampire.

----- - Désolé, marmonnais-je, pour ne pas casser la magie qu'il y avait dans l'atmosphère de la clairière. J'ai tendance à me laisser aller à ma vraie nature, avec toi.
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laure

loup-garou
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MessageSujet: Re: Suite Midnight Sun [fanfiction] Sam 20 Fév - 12:29

Chapitre 15

Troisième partie


Elle souleva mon poignet, et le fit tourner en l'approchant de son visage. Elle observait de très près les reflets du soleil sur ma peau. On aurait dit qu'elle tentait de voir à travers ma peau, ou essayait-elle de percer le mystère de mon derme ? Je ne parvenais plus à contenir ma curiosité. J'aurais du être un homme heureux et comblé, mais c'était tout le contraire. J'étais totalement frustré de devoir rester ainsi immobile sans pouvoir la toucher pour sa sécurité, et je ne pouvais même pas entendre ses pensées pour me distraire.


----- - Dis-moi à quoi tu penses, murmurais-je. L'ignorer est si étrange.
----- - Je te signale que c'est notre lot commun, à nous autres.
----- - Votre existence est dure. Dis-moi, insistais-je.
----- - Je songeais que j'aurais aimé savoir ce que toi tu pensais...
----- - Et ?
----- - Je songeais que j'aurais aimé croire en ta réalité. Et ne pas avoir peur.
----- - Je ne veux pas que tu aies peur.

J'aurais tant voulu la rassurer, lui dire qu'elle n'avait rien à craindre tant qu'elle serait près de moi. Comme l'aurait fait n'importe quel homme normal voulant la protéger, elle était tellement fragile. Mais je ne pouvais pas dire ces mots alors que le seul danger présent à des kilomètres à la ronde était assis auprès d'elle, main dans la main. Je pouvais seulement lui dire ce que j'aurais aimé qu'il se passe.

----- - Pour être exacte, la peur en elle-même ne me préoccupe pas tant que ça. Bien qu'elle ne soit pas négligeable.

Si le danger que je représente ne l'effrayait pas, qu'est-ce qui avait alors un tel pouvoir sur elle ? Ceci m'intrigua à un tel point que je me redressais à demi, alors sans y faire attention, je me retrouvais alors accoudé sur mon bras droit et mon visage n'était à quelques centimètres du sien. Elle aurait dû reculer face à une proximité si soudaine. Elle n'en fit cependant rien. Sa réaction me servit donc de test : je ne le lui faisais absolument pas peur ! Je n'en revenais pas, je savais qu'elle était tellement éblouie par ma présence, pour reprendre ses mots, qu'elle se comportait le plus souvent comme si j'étais un humain comme les autres. Mais je croyais qu'une partie d'elle, du moins son subconscient ressentait une part du danger qu'elle refusait de voir. Mais sa réaction venait de me prouver le contraire !

Ses yeux étaient hypnotisés par les miens, elle ne semblait pas décidée à m'expliquer ce qui l'effrayait plus que de se retrouver seule avec pour seule compagnie un vampire.

----- - Que crains-tu ?

Mais au lieu de me répondre, elle se contenta de s'approcher encore plus de moi, se penchant sur ma bouche avec un air gourmand... je me sentis flancher, c'était comme si la terre s'était dérobée sous moi, j'étais complètement désarçonné par sa réaction. Je ne pouvais décemment pas répondre à sa demande. Je ne pouvais pas non plus la repousser, c'était au dessus de mes forces, et je ne voulais surtout pas la blesser. Elle poussa un soupir et son haleine vint me brûler la gorge, son arome était si délicieux, et sa gorge chaude si tentante, je pouvais voir battre son sang dans ses veines, comme une invitation à la dégustation, même si je n'avais pas soif, il m'était dur d'y résister. Elle n'avait pas conscience des risques auxquelles elle s'exposait. Je me ressaisis avec difficulté, je ne pouvais pas faire une chose aussi monstrueuse. Une seule solution s'offrait alors à moi : la fuite.

A peine avait-elle eu le temps de cligner des yeux que déjà j'étais à dix mètres d'elle, au bord de la clairière, dans la pénombre d'un sapin. Je ne pouvais détacher mes yeux d'elle. Elle était tellement belle, j'aurais tellement aimé répondre à ses avances... mais c'était beaucoup trop dangereux, autant pour elle que pour moi.

Cette scène me fit alors repenser à la vision d'Alice. Etait-ce pour cette raison que je la tuais ? Parce que j'avais pris le risque de me laisser faire, et que son arôme m'avait fait tourner la tête au point de perdre le contrôle ? Non je ne pouvais pas y croire, mais en même temps, je ne pouvais pas sérieusement vérifier mes théories.

Tout se bousculait dans ma tête. Le baiser entre moi et Bella suggéré par Jessica, les avances de Bella et les incohérences de mon corps face à celles-ci, mon désir de lui montrer ma vraie nature, la vision d'Alice... C'était le moment de prendre une décision. La raison ou la chair ?

----- - Excuse-moi, dit-elle tout bas.
----- - Donne-moi juste un moment.

C'était le moment idéal pour lui montrer qui j'étais réellement. J'allais lui montrer le monstre qui était en moi. Je me concentrais un maximum pour ne pas déraper et commettre l'irréparable. Je devais montrer ma face cachée, mais je devais pouvoir être maître de mes instincts. Je m'avançais alors doucement vers elle pour ne pas l'effrayer d'avantage. Je m'arrêtais à quelques pas d'elle et m'assis en tailleur. Mon regard était vrillé au sien, je voulais qu'elle oublie tout ce qui se trouvait autour de nous, je voulais l'éblouir. J'inspirais profondément, laissant son parfum m'envahir, je goutais son arome sur le bout de ma langue... exquis... mais secondaire. Son corps de femme paraissait soudain plus irrésistible que sa merveilleuse odeur...

----- - Désolé, marmonnais-je un peu désarçonné par ce que je venais de constater. Comprendrais-tu si je te disais n'être qu'un homme ?

Elle acquiesçait, mais je sentais qu'elle restait sceptique. Son pouls s'accéléra, je sentais l'adrénaline monter en elle, au fur et à mesure que ma nature s'imposait à elle. Elle prenait enfin conscience du danger que je représente. Ma première réaction fut de la rassurer, mais je m'en empêchais à temps. Il était vraiment indispensable qu'elle voit qui j'étais. Je laissais alors tomber le masque rassurant que j'avais essayé d'afficher, pour prendre celui du vampire séducteur.

----- - Je suis le meilleur prédateur au monde, n'est-ce pas ? Tout en moi t'attire – ma voix, mes traits, mon odeur. Comme si j'avais besoin de ça !

Et d'un bond, je regagnais le sapin que je venais de quitter. Sa peur palpable était comme un carburant pour moi, je me laissais alors gagner peu à peu par ma nature de chasseur hors paire.

----- - Tu ne pourrais pas m'échapper ! M'esclaffais-je avec amertume.

J'arrachais au sapin une branche de cinquante centimètre de diamètre – le geste était trop facile, je jouais alors avec avant de la jeter à la vitesse d'un boulet de canon contre le tronc d'un arbre où elle explosa. Elle n'avait vraiment aucune chance face à moi. Je me rendis ensuite compte que ces sombres pensées ne pouvaient m'appartenir réellement. Je sentais le monstre en moi qui était en train de se réveiller. Il se délectait du spectacle.

Bella, si fragile. Elle me regardait, ne comprenant pas ce qui était en train de se passer dans ma tête. « Bella » hurlais-je sans qu'aucun bruit ne puisse sortir de ma bouche. J'aurai voulu la prévenir, qu'elle puisse s'enfuir. Mais elle n'aurait eu aucune chance. Je venais de le lui prouver d'ailleurs.

Je la rejoignis, et m'assis. Pour sa sécurité je préférais me figer complètement.

----- - Tu ne pourrais pas me résister, murmurais-je

Elle s'était pétrifiée, n'osant plus bouger face à mon comportement inadmissible. Mon excitation face à la proie qu'elle représentait commençais à faiblir, je venais de prendre conscience de mes actes, je voulais la rassurer.

Le monstre qui était en moi ne l'entendait pas de cette façon, je n'arrivais pas à le faire taire. J'y mettais toute ma volonté, toute ma force. Rien n'y faisait. Il était plus fort que moi. Abandonner était peut-être la seule solution. Il riait en moi, se moquait de ma faiblesse. Un vampire ne peut s'éprendre d'une humaine.

Je cherchais alors un moyen de le vaincre, d'être plus fort que lui.

----- - N'aies pas peur, chuchotais-je avec des intonations veloutées et séductrices qui étaient celles du monstre. Je te promets... Je te jure de ne jamais te faire de mal.

Ces dernières paroles étaient plus un avertissement pour le monstre que des paroles véritablement destinées à Bella. Je savais qu'il en faudrait plus pour qu'elle se sente plus rassurée.

Une douce musique résonna alors dans ma tête. C'était la berceuse de Bella. Au fil de la musique, le monstre reculait en moi. Je venais de trouver le moyen de le faire taire. Les notes s'emballèrent et résonnèrent. Au bout de quelques secondes, je remportais enfin la victoire définitive. Je venais de comprendre, que Bella ne risquerait plus sa vie ainsi en ma compagnie. Car c'était elle, en réalité, et non la musique, qui m'avait véritablement sauvé de moi-même. Bella était ma muse, et cette mélodie représentait Bella en tout point. C'était elle, retranscrite sur une partition. La victoire de la raison sur la chair.

Ayant repris le contrôle de moi-même, je me rapprochais d'elle avec une lenteur volontairement exagérée. Afin de lui laisser le temps de me repousser si elle le désirait. Je l'aurais d'ailleurs largement mérité.

----- - N'aies pas peur, répétais-je.

Je me baissais ensuite jusqu'à ce que nos yeux fussent au même niveau. Je voulais qu'elle voie ma sincérité.

----- - S'il te plaît, pardonne-moi. Je sais me contrôler. Tu m'as pris au dépourvu, c'est tout. Je vais être sage maintenant.

J'attendais sa réaction, mais elle semblait avoir perdu l'usage de la parole, je pris alors une voix calme et détendue pour la rassurer.

----- - Je n'ai pas soif, aujourd'hui. Dis-je en lui adressant un clin d'œil complice.

Elle se mit alors à rire, mais son rire était tremblotant et étranglé. Elle commençait vraiment à m'inquiéter. Avais-je surestimé ses capacités d'assimilation d'informations surnaturelles ? Je pris alors ma voix la plus tendre pour m'ôter mes doutes.

----- - Ça va aller ?

Je posais ma main prudemment sur la sienne, agréablement chaude. Son contact me procurait comme des petites décharges d'électricité, elle me rappelait la tension qu'il y avait eu entre nous pendant le film en biologie. Je me repris. Je ne voulais pas m'égarer dans mes souvenirs, je voulais vivre pleinement l'instant présent aux côtés de Bella.

----- - Où en étions-nous, avant que je me comporte aussi mal ?
----- - Très franchement, j'ai oublié.

Je me sentis alors honteux. Je venais seulement de réaliser combien mon comportement avait été inadmissible. Et pourquoi avais-je agis ainsi ? Parce qu'elle refusait de me dire pourquoi ce n'était pas ma nature vampirique qui la terrorisait le plus ! J'avais honte de mon attitude, même si elle lui avait peut-être ouvert les yeux sur le vrai danger. Je l'aidais alors à se souvenir de notre conversation.

----- - Je crois que nous parlions de ce qui provoquait ta peur, en dehors des raisons évidentes.
----- - Ah oui.
----- - Alors ?

Pour toute réponse, elle dessina des lignes hasardeuses sur ma paume. Ces sensations étaient totalement inédites, et extraordinairement agréable. J'aurais aimé qu'elle ne s'arrête jamais, mais la curiosité l'emporta sur le plaisir. Au bout de plusieurs secondes je ne pus résister, j'avais déjà dépassé mes limites en matière de patience aujourd'hui.

----- - La patience n'est pas mon fort, soupirais-je.

Elle plongea ses yeux dans les miens, et je pus y voir le reflet de mes propres craintes, de mes propres doutes. Nous savions l'un et l'autre que nous nous trouvions dans une impasse.

----- - J'ai peur parce que, pour des raisons évidentes, je ne peux pas rester avec toi. Or, j'ai peur d'en avoir envie de manière déraisonnable.

Après ce moment de lucidité, elle n'osa plus me regarder. Finalement, mon petit numéro avait porté ses fruits. Je n'en étais cependant plus très fier. Je ne voulais pas que par ma faute elle s'éloigne de moi. Elle avait raison, je devais m'éloigner d'elle, c'était mon devoir de la laisser vivre sa vie en paix. Elle venait de m'avouer qu'elle était beaucoup plus attachée à moi que je ne le pensais. Je devais partir loin d'elle pour son bien, mais j'en étais bien incapable. J'étais trop égoïste pour m'éloigner, je voulais goûter au bonheur moi aussi. Qui pourrait me le reprocher ?

----- - Oui, désirer ma compagnie est effectivement effrayant. Et vraiment pas dans ton intérêt. J'aurais dû m'éloigner depuis longtemps. Il faudrait que je parte, là, tout de suite. Hélas, je ne suis pas certain d'en avoir la force.
----- - Je ne veux pas que tu t'en ailles.
----- - Voilà exactement pourquoi je devrais m'y résoudre.

A ces mots, elle eut l'air totalement paniquée.

----- - Ne t'inquiète pas, va. Je suis égoïste. Moi aussi, je désire trop ta compagnie pour être raisonnable.
----- - J'en suis heureuse.
----- - C'est mal !

Elle se réjouissait de ma faiblesse. Tout comme le monstre qui était en moi il y a quelques minutes. Je pensais qu'elle avait compris que ma présence ne lui apporterait que des ennuis. Mais elle semblait passer outre, seul comptait pour elle ma présence à ses côtés. J'en étais heureux d'une certaine manière, mais je ne pouvais m'empêcher de ressentir de la tristesse face à son attitude suicidaire. J'inspirais alors pour m'obliger à ressentir cette douleur qui était garante de sa vie. Son arôme enivrant était ma faiblesse et ma force. Tant que je la sentirais, ce serait la preuve que la douce était en vie. Je m'efforçais alors de lui rappeler la dure réalité qui était la mienne : j'étais un vampire et elle était ma tua cantante.

----- - Ce n'est pas seulement ta compagnie que je désire. Ne l'oublies jamais. Rappelles-toi que je représente un danger sans égal pour toi, que je suis la menace absolue.

Je préférais ne pas la regarder, je ne voulais pas affronter son regard apeuré.

----- - Je ne suis pas certaine de te comprendre.
----- - Comment t'expliquer sans t'affoler ? Dis-je en plongeant mon regard dans le sien, je ne voulais pas l'effrayer plus que raison, elle devait surement avoir eu sa dose de frisson pour la journée, même si elle ne l'admettrait jamais. Je ne voulais pas être responsable d'un éventuel malaise dû à un trop grand choc.

Mes mains avaient repris d'elles-mêmes leurs places dans le creux des siennes. Je m'extasiais des sensations que cela me procurait.

----- - Cette impression de chaleur est étonnamment agréable, dis-je en contemplant nos doigts entrelacés.

Je pris le temps de la réflexion pour choisir mes mots, afin qu'elle comprenne mon dilemme. J'eus beau chercher, le meilleur moyen pour expliquer l'inexplicable était d'user de métaphore. C'était la seule façon pour elle de comprendre ce que je pouvais ressentir.

----- - Bon, tu sais que les gens n'ont pas les mêmes goûts. Certains aiment la glace au chocolat, d'autres préfère la fraise. Elle acquiesça, visiblement elle ne semblait pas voir là où j'essayais de l'emmener. Désolé pour cette comparaison malheureuse, je n'ai pas trouvé mieux. Nous rîmes ensemble. Son rire était si frais, si mélodieux, je ne m'en lassais pas.

Il faut dire aussi qu'il est dur de ce concentrer avec elle à côté de moi, si belle, si parfaite, si tendre, je voulais être plus proche d'elle physiquement.

----- - Tu vois, chacun à une odeur particulière, une essence personnelle. Si tu enfermais un alcoolique repenti dans une pièce pleine de bières frelatées, il réussirait à résister. Mais supposons que tu remplaces la bière éventée par un verre d'un excellent et rarissime cognac, que tu remplisses la pièce de ce seul et puissant arôme de vieux brandy, comment crois-tu qu'il se débrouillerait ?

Nous nous dévisageâmes, je tentais de lire dans ses yeux ce qu'elle refusait de me dire, en vain. L'obsession d'un alcoolique est risible face à la mienne. L'exemple était d'autant plus mal choisi, qu'elle n'avait sans doute aucune idée de ce que pouvait provoquer l'addiction.

----- - La métaphore est sûrement mal choisie. Il n'est peut-être pas si difficile de résister au cognac. J'aurais du prendre un héroïnomane.
----- - Serais-tu en train de me suggérer que je suis une dose d'héroïne ?
----- - Exactement.
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MessageSujet: Re: Suite Midnight Sun [fanfiction] Sam 20 Fév - 12:30

Chapitre 15

Quatrième partie


----- - Cela arrive-t-il souvent ?

Cela ne m'était jamais arrivé, mais je ne pouvais pas me contenter de le lui dire simplement, je voulais qu'elle comprenne ce que je ressentais vraiment. Et mes frères avaient déjà eu affaire à ce genre de situation...

----- - J'en ai parlé à mes frères. Pour Jasper, vous êtes interchangeables. Il est le membre le plus récent de notre famille, et son sevrage relève du combat. Il n'a pas encore eu le temps de se sensibiliser aux différentes odeurs et saveurs. Navré...

Je venais de me rendre compte que je parlais à Bella de la même façon que si j'avais parlé à Emmett. J'espérais ne pas l'avoir effrayé en parlant ainsi d'êtres humains.

----- - Ce n'est rien. Ecoute, ne te soucies pas de me choquer ou de m'effrayer. C'est votre mode de fonctionnement, et je peux le comprendre, m'y efforcer du moins. Explique les choses comme elles te viennent.

Je lui en étais vraiment très reconnaissant d'être aussi compréhensive et tolérante. Elle me simplifiait les choses, contrairement à son habitude... ce qui était appréciable, surtout après ma conduite impardonnable.

----- - Merci. Bref, Jasper n'est pas sûr d'avoir rencontré quelqu'un qui soit aussi... attirant que tu l'es pour moi. Emmett, qui est, si je puis dire, dans le bain depuis plus longtemps m'a compris, lui. Il m'a avoué que ça lui était arrivé deux fois, dont une de manière très puissante.
----- - Et à toi ?
----- - Jamais.

Elle médita mes paroles un instant, avant de reprendre son interrogatoire. Mais comme à son habitude, elle posa la mauvaise question...

----- - Comment a réagi Emmett ?

Je ne voulais pas lui mentir, mais je n'avais pas la force de lui dire la vérité non plus. Je ne voulais pas la choquer, elle savait déjà qu'elle avait failli mourir le jour de notre rencontre. Inutile d'en rajouter... ma main se serra alors en un poing de pierre dans la sienne, et je détournais les yeux...je ne pouvais plus voir ses yeux apeurés une nouvelle fois.

----- - Je crois deviner, finit-elle par murmurer.

Je ne voulais pas qu'elle juge mon frère sans le connaître. De plus, cela s'est passé il y a tellement longtemps, Emmett n'était pas aussi fort que maintenant pour résister. D'ailleurs moi-même, face à l'odeur envoutante de Bella, j'avais perdu toute notion de prudence. J'affrontais alors son regard d'un air triste et suppliant.

----- - Même le plus fort d'entre nous a le droit à l'erreur, non ? Chuchotais-je.
----- - Que veux-tu ? Mon consentement ? lança-t-elle sèchement.

Elle avait raison, je ne pouvais pas décemment lui demander de comprendre le geste de mon frère. Elle ne le pouvait pas. Elle ne pouvait pas s'imaginer la douleur que je ressentais à chaque seconde passée à ses côtés. Elle se radoucit ensuite, ce qui me surprit.

----- - Est-ce à dire qu'il n'y a pas d'autre solution ?
----- - Non, non ! M'empressais-je d'objecter. Il y en a d'autres, bien sûr. Il est évident que je ne...

Une fois de plus, je ne pus achever ma phrase. Je plongeais alors mes yeux dans les siens, espérant trouver le réconfort et le courage dont j'avais besoin.

----- - Nous deux, repris-je, c'est différent. Pour Emmett, il s'agissait d'étrangers, croisés au hasard. C'était il y a longtemps, et il n'était pas aussi... entrainé ni aussi prudent qu'aujourd'hui.

Finalement, je venais de lui dire une partie de la vérité, j'attendais avec appréhension sa réaction. Son regard s'assombrit tandis qu'elle méditait mes paroles, j'aurais vraiment tout donné pour pouvoir suivre le cheminement de sa pensée.

----- - Donc, si nous nous étions rencontrés...dans une allée sombre, je ne sais pas...

Je voyais parfaitement là où elle voulait en venir. Je n'osais même pas songer un seul instant à ce qui aurait pu arriver si l'on s'était rencontré en dehors du lycée, ou pire encore, dans une allée sombre comme elle venait de le suggérer.

----- - J'ai été contraint de fournir un effort démesuré pour me retenir... au milieu de cette classe pleine d'élèves. Lorsque tu es passée près de moi, j'aurais pu détruire en une fraction de seconde tout ce que Carlisle a bâti. Si je n'avais pas eu l'habitude de lutter contre ma soif depuis... trop longtemps, j'aurais été incapable de résister.

L'évocation de se souvenir, si vif dans ma mémoire, me rappela la bestialité qui s'était emparée de moi ce jour là, ainsi qu'aujourd'hui même.

----- - Tu as dû te dire que j'étais possédé.
----- - Je n'ai pas compris cette haine immédiate.
----- - C'était comme si tu étais une sorte de démon surgi de mon Enfer personnel pour me détruire. L'arôme de ta peau... j'ai cru devenir fou. Durant toute cette heure, j'ai imaginé mille et un stratagèmes pour t'attirer dehors et t'avoir à moi seul. Je les ai combattus un à un en pensant aux miens, aux répercussions éventuelles. Il fallait que je m'enfuie, que je m'éloigne avant de ne pouvoir retenir les mots qui t'auraient incitée à me suivre.

Bella devint pâle face à ce souvenir. Je lui avais fait plus peur ce jour là que ce qu'elle voulait bien reconnaître. Mais si ce n'était que cela, ce n'était pas si grave. Malheureusement, en plus de lui avoir fait peur, je l'avais en même temps charmé, hypnotisé.

----- - Tu serais venue, lui assurais-je.
----- - Sans doute, acquiesça-t-elle calmement.

Sa voix était calme, mais son cœur me disait le contraire. Ce qui était tout à fait normal, elle reconnaissait qu'elle se serait jetée sans réfléchir dans la gueule du loup, et elle arrivait à conserver une voix calme. Elle me surprendrait toujours.

Je continuais ensuite sur mon élan de franchise. Je lui devais bien ça. Je voulais qu'elle saisisse le contexte dans lequel je me trouvais, pourquoi j'avais agi de la sorte. Je voulais qu'elle ait confiance en moi, et c'était le moment idéal pour le lui prouver.

----- - Ensuite, continuais-je, j'ai voulu changer mon emploi du temps, afin de t'éviter, et tu étais là, dans ce petit bureau surchauffé, et ton odeur était enivrante. Là aussi, j'ai failli craquer. Il n'y avait qu'un autre humain avec nous, une femme frêle que je n'aurais eu aucun mal à liquider.

J'utilisais volontairement des mots durs, pour qu'elle prenne conscience que sa vie n'avait tenue qu'à un fil durant tout ce temps, et aussi pour qu'elle ne blâme pas Emmett trop rapidement pour son geste. Je lui donnais les détails nécessaires pour qu'elle puisse voir les choses de mon point de vue avant de nous juger. Je la sentis frissonner. Ainsi, elle comprenait enfin. Sans me laisser perturber, je continuais mon récit.

----- - Mais j'ai résisté. J'ignore comment. Je me suis forcé à ne pas t'attendre, à ne pas te suivre. Dehors, il m'a été plus facile de réfléchir et de prendre la bonne décision, car je ne sentais plus ta fragrance. J'ai déposé les autres à la maison, j'avais trop honte pour leur confier ma faiblesse. Ils avaient juste deviné que quelque chose de très grave s'était produit, et j'ai foncé droit à l'hôpital pour annoncer à Carlisle que je m'en allais.

J'avais encore honte de ma fuite aujourd'hui, même si je savais à présent que j'avais agi au mieux pour toute ma famille. La meilleure solution avait été la fuite. Ce n'était pourtant pas dans mes principes, et Carlisle m'avait donné raison, mais il fallait tout de même reconnaître qu'elle était ma plus grande faiblesse, et que j'avais agi comme un lâche, j'aurais du affronter mes démons intérieurs au lieu de les fuir, comme je venais de le faire aujourd'hui même.

----- - Nous avons échangé nos voitures, il avait fait le pleine de la sienne, et je ne voulais pas m'arrêter. Je n'ai pas osé rentrer affronter Esmée. Elle ne m'aurait pas laissé partir sans une scène, sans essayer de me persuader que c'était inutile... le lendemain matin, j'étais en Alaska. J'y ai passé deux jours, avec de vieilles connaissances... mais la maison me manquait. Savoir que j'avais meurtri Esmée, les autres, ma famille adoptive, m'était insupportable. Dans l'air pur des montagnes, j'avais du mal à croire que tu sois aussi irrésistible. Je me suis convaincu que fuir était minable. J'avais déjà été tenté, pas avec une telle ampleur, loin de là. J'étais fort. Qui étais-tu, petite fille insignifiante (j'eus un grand sourire, elle était loin d'être une fillette insignifiante) pour me chasser de l'endroit où je désirais vivre ? Alors je suis revenu...

Je la laissais digérer toutes ces informations. Cela faisait vraiment beaucoup à assimiler pour un cerveau d'humain, mais maintenant que j'avais commencé à me dévoiler, je ne pouvais plus m'arrêter. J'avais l'impression de me confesser, lui parler me soulageait en quelque sorte. Je ne voulais cependant pas qu'elle rompe le silence avant moi, je lui laissais alors le temps de méditer mon histoire, sans lui en laisser davantage qui la pousserait à questionner si je restais trop longtemps silencieux. J'essayais alors de calculer un laps de temps idéal, puis je repris.

----- - J'ai pris mes précautions, chassant et mangeant plus que nécessaire avant de te revoir. J'étais certain d'être assez solide pour te traiter comme n'importe quel autre humain. Malheureusement, c'était de l'arrogance. Qui plus est, mon incapacité à lire tes pensées et connaître tes sentiments à mon égard n'a fait que compliquer les choses. Je n'étais pas habitué à recourir à des méthodes aussi retorses, comme de t'espionner à travers Jessica... dont l'esprit n'est pas très original et dont je ne pouvais être certain de la fiabilité. Tout ça était très irritant. J'étais agacé de devoir m'abaisser à ce genre de comportement. Je désirais que tu oublies ce fameux jour, et j'ai tenté de te parler comme à n'importe qui. J'avais hâte même, espérant ainsi réussir à décrypter ton cerveau. Malheureusement, tu étais bien trop passionnante, et je me suis retrouvé pris au piège de tes expressions... aujourd'hui encore, quand tu agites la main ou secoues tes cheveux, ton odeur m'enivre... après, bien sûr, tu as failli être écrasée sous mes yeux. En mon for intérieur, je me suis inventé une excuse idéale, si je n'étais pas intervenu, ton sang se serait répandu devant moi, et j'aurais été incapable de me contenir, ce qui aurait montré à tous ma vrai nature. Mais ce prétexte ne m'est venu que tardivement. Sur le moment, ma seule pensée à été « pas elle ».

J'avais réussis à aller jusqu'au bout de mon récit, mais la peine, la honte, la douleur et la peur avaient pris le pas sur mon élan de courage. Je fermais alors les yeux, je ne pouvais plus me supporter, et j'aurais compris qu'elle me demande de partir. Je tendis alors l'oreille pour me donner une idée de sa réaction par rapport à son rythme cardiaque. Il ne s'était pas brutalement accéléré, et au contraire, était calme et régulier, sa respiration était de même. Je crus même percevoir un soupir de soulagement.

Ses réactions étaient tellement imprévisibles. Il était possible qu'elle se sente soulagée de comprendre enfin ce qui ce passait dans ma tête, au lieu d'avoir peur comme le commun des mortels. Cette fois, je lui laissais le soin de prendre la parole et de rompre ce silence.

----- - Et à l'hôpital ? murmura-t-elle d'une petite voix.

Une fois de plus, elle trouvait ce qui me faisait le plus mal. Elle ne le faisait pas exprès, bien sur. Je rouvris alors les yeux, et plantais mon regard dans le sien. J'avais raison, elle n'était pas apeurée, mais cherchait plutôt à comprendre. Je lui répondis avec le plus de sincérité possible.

----- - J'étais consterné. Je n'arrivais pas à croire que j'avais mis les miens en danger, que je m'étais livré à ton pouvoir, toi parmi tant d'autres. Comme si j'avais eu besoin d'une nouvelle raison de te tuer.

Les mots m'avaient échappé, mais ils reflétaient la triste vérité. Nous tressaillîmes alors. J'avais en effet toutes les raisons du monde pour la tuer, et pourtant, elle était assise tranquillement auprès de moi, avec la certitude que je ne lui ferais aucun mal. Et elle avait raison sur ce point, j'étais tout simplement incapable de lui faire du mal intentionnellement.

----- - Sauf que ça a eu l'effet contraire, poursuivis-je avant qu'elle ne s'imagine autre chose. Je me suis battu avec Rosalie, Emmett et Jasper lorsqu'ils ont suggéré que je tenais là une occasion de... (Je ne pus redire ces mots qui me faisaient tant souffrir). Nous ne nous étions encore jamais affrontés aussi violemment. Carlisle s'est rangé de mon côté. Alice aussi. Esmée m'a seulement conseillé d'agir de façon à pouvoir rester parmi eux. (Esmée était pleine de compassion, et ce qu'elle voulait le plus au monde, c'était de voir sa famille unie et heureuse). Le lendemain, toute la journée, j'ai scanné les esprits de ceux à qui tu parlais, et j'ai été choqué de constater que tu tenais parole. Je ne te comprenais pas du tout. Je savais juste qu'il m'était impossible de m'impliquer plus avant avec toi. J'ai fait mon maximum pour m'éloigner. Et chaque jour, le parfum de ta peau, de ton haleine, de tes cheveux... me frappait aussi puissamment que lors de notre première rencontre.

Je voulais lui donner raison, après l'écart de conduite que j'avais eu plus tôt, j'étais désormais persuadé moi aussi, qu'elle ne risquait plus sa vie à chaque instant passé près de moi, même ici, sans témoins, je pouvais résister à sa fragrance. Je me tournais à nouveau vers elle pour qu'elle puisse lire dans mon regard toute la sincérité de mes paroles.

----- - Paradoxalement, tout aurait été plus facile si je nous avais exposés dès le début en cédant à mes impulsions. Il est trop tard à présent, même là, tout de suite, alors que nous sommes seuls, sans témoins.

Ses yeux pétillaient, et je présentais qu'elle brûlait de me poser une question, auxquels il m'aurait sûrement encore été difficile de répondre. Je repris alors pour la devancer.

----- - Isabella...

J'avais prononcé son nom en entier, même si je savais qu'elle n'appréciait guère. Je voulais qu'elle voie que j'étais sérieux. Mais son regard interrogateur et plein de malice me firent perdre le fils. Je lui ébouriffais alors les cheveux, un frisson la parcourut.

----- - ... Bella, je ne me supporterais plus si je le faisais. Tu ne devines pas à quel point cela m'a torturé. T'imaginer immobile, blanche, froide... ne plus jamais te revoir rougir, ne plus jamais revoir cet éclat d'intuition allumer tes yeux quand tu pressens mes mensonges... ce serait intolérable. Tu es désormais l'élément le plus important de ma vie. De toute ma vie.

Sans m'en rendre réellement compte, je venais de lui avouer ce que je ressentais pour elle, ou du moins, une partie de mes sentiments. Je ne sais pas vraiment ce qui m'a poussé à le faire. Sans doute le soulagement de la non-réalisation de la prémonition d'Alice, ou était-ce une confidence de plus ? J'avais l'impression de livrer tous mes secrets un à un à Bella, sans retenue. J'aurais tant aimé qu'elle fasse de même. Peut-être attendait-elle que j'aie fait le premier pas... dans ce cas, c'était maintenant son tour de me livrer ses secrets.
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MessageSujet: Re: Suite Midnight Sun [fanfiction] Sam 20 Fév - 12:31

Chapitre 15

Cinquième partie


----- - Tu sais ce que j'éprouve pour toi, finit-elle par confesser timidement. Je suis ici... ce qui en gros, signifie que je préfèrerais mourir plutôt que de te perdre. Je suis une idiote.
----- - Tu l'es, admis-je en m'esclaffant.

Nous rîmes ensembles. Elle était tellement belle à cet instant, les cheveux brillaient dans les rayons du soleil, révélant des mèches plus claires, le tout s'harmonisant à la perfection avec la couleur de sa peau. Sa déclaration face à la mienne était nettement plus courte, mais tellement significative... elle avait résumé en une phrase ce que j'essayais de lui dire depuis une heure ! En cet instant nous étions juste Bella et Edward. Et non une humaine et un vampire. Mais il fallait revenir à la réalité.

----- - Et le lion s'éprit de l'agneau... murmurais-je
----- - Quel imbécile, cet agneau, soupira-t-elle en détournant les yeux.
----- - Quel fou, ce lion... quel masochiste...

Oui, le lion que j'étais, était vraiment masochiste pour aimer la compagnie d'une personne dont le parfum était si dangereusement alléchant. Mais j'étais à présent presque certain d'être assez fort pour la protéger. Je contemplais la forêt ombreuse, qui me rappelait que ma place avait toujours été dans l'ombre. Aujourd'hui cependant, ma place était dans la lumière. Bella était ma lumière, mon soleil de minuit, qui me sortait de ma sombre vie. Des frissons de bonheur et de légèreté me parcoururent l'échine. Je me délectais de cette sensation.

----- - Pourquoi...

Elle s'interrompit, hésitante. Je lui souris alors pour l'encourager à poursuivre. Pour une fois que je ne lui avais pas réclamé de partager ses pensées...

----- - Oui ?
----- - Dis-moi pourquoi tu t'es enfui devant moi.
----- - Je viens de te l'expliquer, rétorquais-je. Lui exprimer toutes mes émotions avait déjà été une dure épreuve, hors de question de recommencer une seconde fois.
----- - Non. Je voudrais savoir ce que j'ai fait de mal. Il va falloir que je sois sur mes gardes, dorénavant. Mieux vaut donc que j'apprenne tout de suite les gestes à éviter. Celui-ci, par exemple, ajouta-t-elle en caressant le dos de ma main me procurant ainsi une sensation des plus agréables, paraît acceptable.
----- - Tu n'as rien fait de mal, lui assurais-je soulagé de ne pas avoir à réitérer mon récit. C'était ma faute, Bella.
----- - Mais je veux aider à te rendre les choses plus aisées, si c'est possible.

Elle était vraiment adorable. Ce n'était absolument pas sa faute si son odeur corporelle était irrésistible pour le vampire que j'étais.

----- - Eh bien... c'était juste ta proximité. Par instinct, la majorité des humains nous évitent, révulsés par notre étrangeté... je ne m'attendais pas à ce que tu ne te sauves pas. Et puis, il y avait l'odeur de ta gorge.

Les mots m'avaient une fois de plus échappé. Cette fois si elle n'était pas choquée, c'était officiel, cette fille n'était pas une humaine ordinaire ! Je me sentais tellement à l'aise à ses côtés, que je me laissais complètement aller. Je ne me sentais cependant un peu honteux de parler d'elle de cette manière. J'étais presque en train de comparer sa gorge à un morceau de viande ! Une fille normale m'aurait giflé.

----- - Très bien, je la cacherai à partir de maintenant !

Et pour illustrer ses paroles, elle baissa le menton. Ce geste ne manqua pas de me faire rire. Elle ne m'en voulait pas le moins du monde, elle avait été sincère lorsqu'elle m'avait demandé de parler comme les mots me venaient. Elle était tout simplement incroyable !

----- - Non, vraiment, j'ai surtout été surpris.

Pour lui montrer que je pouvais résister à l'attraction de sa gorge, je plaçais mes mains glacées délicatement sur son cou chaud. Je sentis un frisson la parcourir à mon contact. Etait-ce de la peur ? Non, il n'y avait aucune lueur de peur dans son regard.

----- - Tu vois, dis-je, tout va bien.

Je sentais son sang qui battait à une vitesse démesurée dans ses veines, et son cœur qui s'emballait. Cet afflux de sang lui donna quelques rougeurs, accentuant d'une manière adorable la chaleur de ses joues.

----- - Ces rougeurs sont magnifiques, murmurais-je.

Au moment où je prononçais ces mots, le besoin de toucher ses joues, était devenu une nécessité. Je dégageais alors doucement la main qu'elle tenait toujours, et le plus délicatement possible, je pris son visage entre mes doigts de marbre. J'effleurais alors son visage tel une bulle de savon, sa peau était d'une douceur incomparable, et telle une drogue, effleurer sa peau ne me suffisait plus, j'en voulais plus.

----- - Ne bouge pas, lui chuchotais-je.

Je ne voulais pas qu'elle rompe le très fragile équilibre que je m'étais imposé mentalement. A cet instant précis, elle était le centre de mon univers, tout ce qui se trouvait autour de nous n'existait plus. Je me penchais vers elle, posément, sans la quitter des yeux un seul instant. Puis, tendrement, j'appuyais ma joue contre la courbe délicieuse de son cou, on aurait dit qu'elle avait été conçue pour m'accueillir, en effet, je pus m'y caler sans effort. Son parfum m'envahit, envoutant. Sa fragrance me fit tourner la tête, je fermais les yeux, voulant oublier tout ce qu'il y avait autour de nous, ne plus penser qu'à sa peau, sa douceur, son odeur, sa chaleur... mes mains glissèrent d'elles-mêmes le long de son cou, elle frissonna, et j'eus besoin de reprendre ma respiration, même si ce geste n'était pas, en réalité, indispensable. Mes doigts avaient pris leur liberté, indépendants de ma volonté, je n'étais plus très maître de l'équilibre que je m'étais fixé. Elle avait un pouvoir déstabilisant sur moi, un pouvoir que je ne pouvais pas expliquer. Je comprenais enfin la signification du mot « Bonheur » !

Mes doigts descendirent le long de ses épaules, je frôlais sa clavicule de mon nez, j'enfouis ma tête dans sa poitrine, pour mieux écouter les battements de son cœur. Je me laissais submerger par sa fragrance, ma gorge me brûlait terriblement, mais ce n'était rien comparé à ce que je ressentais. Un frisson me parcourut l'échine, et j'eus l'impression que mon cœur mort avait quelques soubresauts. Je voulais que le temps s'arrête. Une fois encore, je fermais les yeux pour mieux profiter de l'instant présent, et le graver à tout jamais dans ma mémoire.

----- - Ah, soupirais-je en prêtant l'oreille aux battements de son cœur, on aurait que le mien voulait lui répondre. Hélas, c'était impossible.

Nous restâmes ainsi des heures, elle avait respecté mon souhait, et n'avait pas bougé d'un millimètre. Ce qui était impossible pour le commun des mortels, mais elle semblait animée d'une volonté hors norme. J'en remerciais le ciel qu'il en soit ainsi, si elle avait bougé, je ne me portais pas garant des conséquences de notre étreinte. Son pouls finit par s'apaiser, ce qui me rendit les choses plus aisées. L'appel du sang étant moins fort, je pouvais mieux me concentrer sur sa peau, si merveilleuse autant par son parfum que par sa texture. Je ne m'en lassais pas, et surtout je ne voulais pas m'en lasser. Contrairement à ce que j'aurais cru, je ne me sentais pas gêné par cette soudaine proximité, mais apaisé, comme si j'avais toujours eu besoin de ce contact, sans jamais m'en être rendu compte.

Je finis par desserrer mon étreinte, apaisé comme jamais, et heureux.

----- - Ce ne sera plus aussi dur, annonçais-je, satisfait.
----- - Est-ce que ça l'a été ?
----- - Pas autant que je l'aurais cru. Et pour toi ?
----- - Non. Pour moi... non.

Son inflexion me fit sourire. Bien sur, pour elle ce contact avait été plus facile qu'à moi-même dans le sens où elle n'était pas un vampire attiré d'une manière aussi intense par le sang qui battait dans le cou de l'être aimé. Mais ma question concernait surtout le contact de ma peau sur la sienne. Elle détestait le froid, et c'est exactement ce que j'étais. Pourtant elle parut sincère pour me répondre, ce qui me réjouit. Et pour lui prouver qu'elle avait le pouvoir de me changer, je voulais qu'elle sente qu'elle avait réussit à me réchauffer la joue.

----- - Tiens, dis-je en prenant sa main pour la placer contre ma joue. Tu sens comme elle s'est réchauffée ?

Elle ne s'attarda cependant pas longtemps sur ma joue tiédie, et préféra parcourir mon visage de ses doigts.

----- - Reste tranquille, m'ordonna-t-elle à son tour. Je me fis alors de marbre pour la laisser partir à la découverte de mes traits.

Sa progression ce fit encore plus lente que la mienne. Elle caressa ma joue, effleura mes paupières closes, passant sur le contour de mes cernes. Elle descendit ensuite en suivant le tracé de mon nez, puis son geste se fit plus hésitant à la bordure de mes lèvres. Je ressentais des picotements dans la nuque, j'avais l'impression qu'une envolée de papillons se trouvait dans mon ventre. Etait-ce normal pour un vampire d'être au bord de l'évanouissement ? La tête me tournait, je voulais la serrer dans mes bras, la garder tout contre moi pour l'éternité. Et ses doigts... avec leur arôme, attisa le brasier de ma gorge... ma bouche s'entrouvrit malgré moi, pour goûter à son parfum. Aussitôt, elle retira sa main, et se recula. Je rouvris les yeux, et son pouls s'accéléra encore une fois.

----- - J'aimerais tant, murmurais-je, j'aimerais tant que tu sentes la... complexité... la confusion... que j'éprouve. Que tu comprennes. D'un geste, je repoussais ses cheveux pour mieux admirer son visage parfait.
----- - Explique-moi, souffla-t-elle.
----- - Je ne pense pas y parvenir. Je t'ai déjà dit, d'un côté, la faim... la soif... que, déplorable créature, je ressens pour toi. Je crois que tu saisis ça, jusqu'à un certain point. Mais, comme tu n'es pas accro à une substance illégale quelconque, ton empathie ne peut être complète. D'autres faims me dévorent, cependant. Des pulsions qui m'échappent, même à moi. Qui me sont étrangères.
----- - Tout ça m'est beaucoup plus familier que tu ne le penses.
----- - Je ne suis pas habitué aux émotions humaines. Est-ce toujours ainsi ?
----- - Pour moi ? Non, c'est la première fois.

Je pris ses mains frêles dans l'étau des miennes, pour me donner plus de courage.

----- - J'ignore comment être proche de toi, reconnus-je. Je ne suis pas sûr de le pouvoir.

Elle verrouilla ses yeux dans les miens, se pencha en avant avec une prudence, et plaça sa joue contre mon torse. Une fois de plus la tête me tourna. Que m'arrivait-il à la fin ? Cela devenait vraiment déconcertant.

----- - Cela me suffit, chuchota-t-elle en fermant les paupières.

J'eus alors l'impression d'avoir de vieux réflexes en moi qui ne demandaient qu'à s'exprimer. Un peu réticent au début, de peur de voir s'exprimer des réflexes de vampire, je laissais ensuite parler mon cœur, comprenant qu'il s'agissait en fait de réflexes humains enfouis sous le poids des années. Je l'enlaçais et plongeais mon visage dans ses cheveux, ayant le parfum du paradis.

----- - Tu te débrouilles bien mieux que ce que tu prétends.
----- - Je conserve de très vieux instincts. Ils sont peut-être enfouis très profondément, mais ils existent.

Nous restâmes collés l'un à l'autre un autre long moment. Je ne voulais rompre notre étreinte pour rien au monde, et je sentais que de son côté, elle était incapable de bouger. Les heures passaient, la lumière faiblissait, mais cela n'affectait en rien ma vue. Je voulais que le temps s'arrête pour nous laisser le temps de profiter l'un de l'autre. Elle soupira, et je savais qu'il était temps pour elle de rentrer. Elle devait sans doute commencer à angoisser pour le trajet du retour. Elle avait déjà eu du mal à venir jusqu'ici, mais maintenant qu'il faisait presque nuit, son appréhension était justifiée.

----- - Tu dois rentrer.
----- - Je croyais que tu ne pouvais pas lire dans mes pensées.
----- - Elles me deviennent de plus en plus claires.

Je l'attrapais d'un mouvement vif par les épaules, une idée m'était venue, et je brulais de voir sa réaction.

----- - Puis-je te montrer quelque chose ?
----- - Quoi ?
----- - Comment je me déplace dans les bois. Elle eut l'air soudain inquiète par mes propos. Ne t'inquiète pas, m'empressais-je de préciser. Tu n'as rien à craindre et nous serons à la camionnette drôlement plus vite.

Je lui servis alors mon plus beau sourire pour effacer tous ses doutes, et son cœur eut un raté des plus attendrissants.

----- - Tu vas te transformer en chauve-souris ? S'enquit-elle d'un air peu rassurée.

Je fus tellement surpris par sa question, que je partis d'un éclat de rire mémorable ! Comment pouvait-elle encore croire à toutes les fables que l'on raconte sur les vampires en me côtoyant si souvent ?

----- - Celle-là, ce n'est pas la première fois qu'on me la sert.
----- - Tu parles ! Comme si les gens osaient.
----- - Allez, trouillarde, grimpe sur mon dos.

Elle ne me prit pas tout de suite au sérieux, ce qui m'amusa beaucoup. Elle devait sûrement penser que je lui faisais une mauvaise plaisanterie. Je tendis alors la main pour l'encourager, et son rythme cardiaque qui avait tant de mal à se stabiliser, s'affola une fois de plus, au grand bonheur de mes oreilles. Je l'aidais ensuite à s'installer sur mon dos, je fixais fermement ses bras et jambes autour de moi.

----- - Je pèse un peu plus que le sac à dos moyen.

Pour moi, elle ne pesait pas plus lourd qu'une plume. Je balayais alors d'un revers de la main insouciant sa remarque. J'étais beaucoup trop heureux pour me soucier de quoi que ce soit. J'étais d'autant plus heureux, que je me sentais assez fort pour ne plus représenter un danger constant pour Bella. Je sentais que la brûlure de ma gorge était de plus en plus supportable. Je voulus me le prouver. Je pris sa paume, et la pressa contre mon nez, et inspira profondément. Le brasier de ma gorge ne s'attisa pas davantage. J'étais fier de moi, et beaucoup plus confiant qu'au début de la journée. J'étais maintenant sûr et certain que la vision d'Alice ne se réalisera jamais.

----- - De plus en plus facile.

Sur ces mots, je me mis à courir. Mon état de plénitude me faisait presque courir plus vite qu'à l'ordinaire, et quand je m'en rendis compte, je ralentis légèrement. Je me sentais tellement bien que je faisais perdurer ce moment, le plus longtemps possible. La chaleur qu'elle dégageait sur mon dos était agréable, et me procurais des frissons de plaisir. Sa chaleur se diffusait le long de mon dos, et sur ma gorge. Son parfum me submergea avec la force du vent, me procurant par ce fait des picotements dans la poitrine, et le désir de toucher sa peau encore. Mais y toucher seulement ne me paraissait pas assez fort pour combler mon désir. Je voulais goûter sa peau, son parfum, je voulais poser ma langue sur sa peau, elle m'avait complètement envouté. Jamais je ne me serais permis de telles pensées ce matin encore. La remarque de Jessica me revint une fois encore en mémoire. Un baiser. Cela serait surement assez fort pour répondre à ce désir inconnu qui me parcourait le corps. Mais aurais-je la force de reculer si la passion m'emportait ? J'inspirais encore son odeur, la laissant m'imprégner complètement, mais ma gorge ne protesta pas. Oui, je serai assez fort pour ne pas la blesser, ou pour reculer si je franchissais les limites. Enjoué par cette nouvelle perceptive, j'accélérais sur les derniers mètres, et en quelques minutes à peine, nous avions rejoint la camionnette.

----- - Génial, hein ? M'exclamais-je hilare, attendant sa réaction. Elle ne me répondit pas, seuls les battements de son cœur attestaient de sa présence.

----- - Bella ? Demandais-je alors, sentant l'anxiété m'envahir après mon euphorie.
----- - J'ai besoin de m'allonger, je crois.
----- - Oh, navré. Je me rendais compte à présent que les humaines n'avaient pas pour habitude de se déplacer couramment à une vitesse aussi extrême. Je patientais, mais elle ne bougea pas d'un pouce.
----- - J'ai aussi besoin d'aide, avoua-t-elle enfin.

J'étouffais alors un rire, rassuré. J'avais été trop rapide pour elle, rien de plus. Je délaçais doucement ses mains agrippées autour de mon cou, la fit glisser dans mes bras. Je la contemplais un instant avant de la déposer sur un lit de fougères. Elle avait vraiment mauvaise mine, la culpabilité m'assaillit.

----- - Comment te sens-tu ?
----- - Nauséeuse.
----- - Mets ta tête entre tes genoux.

Carlisle m'avait appris que cela apaisait la nausée des humains. Elle m'obéit, en respirant lentement. Je m'assis alors près d'elle, et au bout de quelques minutes, elle releva la tête. Sa pâleur était impressionnante. Son regard était celui d'une personne malade, pas tant que la fois où elle avait fait un malaise lors du test sanguin, mais plutôt comme si elle venait de faire 3 tours de ces manèges à sensations fortes très prisés par les humains ayant l'esprit d'aventure. Ce qui était le contraire de Bella. La culpabilité grandissait en moi, je savais que Bella n'était pas comme tous les jeunes de son âge, elle était plus fragile, et moi je venais de lui faire faire l'équivalant de 3 tours de grand huit ! Quel imbécile !

----- - Ce n'était pas une très bonne idée, murmurais-je penaud.
----- - Au contraire, c'était une expérience très intéressante, tenta-t-elle de me rassurer d'une voix faiblarde et peu convaincante.

Là, je retrouvais ma Bella. Même au bord de l'évanouissement, elle trouvait le moyen de me rassurer.

----- - Ha ! Tu es blanche comme un linge... pire, même. Comme moi !

Je voulais effacer cette image de mon esprit, jamais elle ne deviendrait comme moi, je sais maintenant que je serais assez fort pour m'y opposer et prendre la bonne décision en temps voulu. Je chassais alors ces vilaines pensées de mon esprit pour ne plus penser qu'à l'instant présent, ce que j'allais faire...

----- - J'aurais dû fermer les yeux.
----- - Rappelle-t'en, la prochaine fois. Elle me facilitait les choses en prenant les choses à la légère.
----- - Pardon ?

Je m'esclaffais de son air outré, elle était tellement charmante, même ainsi, pâle et fragile, elle était d'une beauté rare.

----- - Frimeur, ronchonna-t-elle.
----- - Regarde-moi, Bella, chuchotais-je.

Nos visages étaient très proches l'un de l'autre, son cœur s'emballa de plus belle, ce qui me donna du courage.

----- - En chemin, je réfléchissais...
----- - A la meilleure façon d'éviter les arbres, j'espère.
----- - Petite sotte. Courir est une deuxième nature chez moi. Je n'ai pas besoin d'y penser.
----- - Frimeur.
----- - Non, enchaînais-je, hors de question qu'elle me déconcentre. Je réfléchissais à un truc que j'en envie d'essayer.

Sur ce, je pris son doux visage entre mes mains en coupe. Elle s'arrêta de respirer. Faire la même chose, n'aurait rien changé pour moi, j'étais trop imprégné de son odeur. Je m'approchais doucement, inspirant prudemment, je n'avais pas le droit à l'erreur, un seul faux pas aurait été fatal à Bella. Elle n'écourta pas mon hésitation, consciente des risques qu'elle prenait. Son haleine me chatouilla le visage, mais je restais maître de mes émotions. Je sentais que j'étais capable de l'embrasser sans lui faire de mal. J'en avais la force, ou du moins, j'avais la force de fuir au cas où mes émotions deviendraient trop fortes. Je contrôlais ma soif, ma force, ma volonté, mon plaisir...

Mes lèvres touchèrent enfin les siennes. Une multitude de sensations m'envahirent. Ses lèvres, douces, chaudes, parfumées, contrastaient avec la dureté et la froideur des miennes. Mais tout ceci n'avait aucune importance. J'étais en train d'embrasser Bella, et je contrôlais tous les dangers de ma personnalité. Ce baiser m'envoya directement au paradis. Jamais je n'avais ressenti autant de bonheur. Je sentais la passion monter en moi, la tête me tourna, je sentais le pouls de Bella s'accélérer, sa température avait sensiblement augmenté, et je mis une seconde de trop pour comprendre.

Son souffle devient heurté, ses doigts s'agrippèrent à mes cheveux, se collant encore plus contre moi, ses lèvres s'ouvrirent, elle en voulait plus. Théoriquement, je n'étais pas contre. Mais je goutais son haleine sur ma langue, mes instincts se réveillèrent. Je voulais faire écho à sa passion, la serrer contre moi, passer ma main dans ses cheveux, puis la laisser glisser dans le creux de son dos, et l'autre sur sa nuque recouverte d'un mince film de sueur brûlante. Sa soif était plus vive que jamais...

Un éclair de lucidité me frappa, je me rendais compte alors du cheminement de mes pensées. Je me raidis aussitôt. A contre cœur, je la repoussais pour freiner ses ardeurs. Elle rouvrit les yeux, et je vis dans le reflet de ses prunelles chocolat, mon regard tendu par la soif. Je n'eus cependant pas la force de relâcher son visage.

----- - Oups !
----- - Comme tu dis.
----- - Dois-je..., elle tentât de s'éloigner, mais je ne pouvais pas la lâcher. Ce moment d'intimité m'avait réellement troublé, mais je ne voulais pas perdre le contact de sa peau.
----- - Non, c'est supportable. Une minute s'il te plaît.

Avec un peu de recul, il est vrai que ma soif s'apaisait d'elle-même. Finalement, j'étais plutôt fier de moi. J'avais réussis à surmonter ma soif, ma passion dévorante, mes instincts vampiriques... j'étais gagnant sur tous les tableaux. Mais je n'aurais pas tenté le diable en retentant l'expérience de suite. Elle me contempla, et lorsque je sentis que tout danger était écarté, je lui souris.

----- - Et voilà, annonçais-je fièrement.
----- - Supportable ?
----- - Je suis plus fort que je ne le pensais. Ça fait plaisir de l'apprendre.
----- - J'aimerais pouvoir en dire autant de moi-même. Navrée.
----- - Je te pardonne. Tu n'es qu'une humaine, après tout.
----- - Merci du compliment.

Je me relevais, et lui tendis la main pour l'aider. Je n'étais pas encore prêt pour rompre le contact avec sa peau. Elle sembla surprise de mon geste. Il est vrai que d'habitude, j'évite au maximum les contacts avec sa peau pour lui être plus agréable, mais là, c'était physiquement impossible. Elle tituba, je ne pus m'empêcher de penser que mon baiser y était pour quelque chose.

----- - C'est encore la course ou dois-je le mettre sur le compte de mon habileté à embrasser ?
----- - Un peu des deux j'imagine.
----- - Mieux vaut que je prenne le volant, alors.
----- - Ça va pas la tête ?
----- - Je conduis mieux que toi dans tes meilleurs jours, raillais-je. Tes réflexes sont si lents !
----- - J'en suis convaincue, mais ni mes nerfs ni ma camionnette n'y résisteront.
----- - Fais-moi confiance, Bella, s'il te plaît.
----- - Pas question.

Incrédule, je levais les sourcils. Aussi adorable soit-elle, je n'aurais pas supporté de faire le trajet du retour avec elle au volant. L'idée même m'exaspérait. Je n'avais cependant pas dit mon dernier mot. Elle me contourna, pour se diriger vers la portière conducteur. Je fis alors passer mon bras autour de sa taille, et l'emprisonna contre moi. Je profitais encore ainsi de la merveilleuse texture de sa peau.

----- - Bella, j'ai dépensé beaucoup d'énergie pour te garder en vie aujourd'hui. Je n'ai pas l'intention de te laisser conduire alors que tu n'arrives même pas à marcher droit. Et puis, tu t'es vue quand t'as bu ? Plaisantais-je.
----- - Bu, moi ? protesta-t-elle en humant discrètement l'arôme de mon torse.
----- - Ma seule présence t'intoxique.
----- - Voilà un argument que je ne peux guère réfuter, soupira-t-elle.

J'avais gagné !
A travers cette discussion, je venais de me rendre compte, à quel point elle était déstabilisée par ma présence. Tout en étant flatteur, cela me permis de comprendre, qu'elle pouvait aussi ressentir cette sensation de dépendance (en beaucoup moins puissant, certes) qui ne me quittait pas.
Elle me tendit les clés, en me donnant un dernier avertissement.

----- - Vas-y doucement, ma voiture est une dame du troisième âge.
----- - Très juste.
----- - Et toi, tu n'es pas affecté par ma présence ?

Je le suis bien plus que tu ne le crois. Rien n'est comparable à sa beauté, sa douceur, sa fragrance, tout en elle était une addiction pour moi. Je la savourais encore une fois, conscient que l'occasion ne se représenterait peut-être pas de sitôt. Mes lèvres effleuraient sa mâchoire, son oreille, son menton en plusieurs fois, sans que je ne m'en lasse. J'écoutais le rythme irrégulier des battements de son cœur, sentant sa chaleur envelopper mon visage, j'étais le plus heureux des vampires, et le plus heureux des hommes. L'arôme alléchant qui se dégageait de son cou me donnait des vertiges. De nous deux, le plus affecté par l'autre, était sans conteste moi !

----- - Quand bien même se serait le cas, murmurais-je, il n'en reste pas moins que j'ai de meilleurs réflexes

Je n'allais pas lui avouer la vérité pour qu'elle me reproche d'avoir gagné déloyalement. J'étais certes plus affecté, mais j'étais plus apte qu'elle à interagir avec mes sentiments et mes responsabilités en même temps.
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laure

loup-garou
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MessageSujet: Re: Suite Midnight Sun [fanfiction] Sam 20 Fév - 12:31

Chapitre 15

Sixième partie

Conduire à la vitesse indiquée par les panneaux me demandait un effort surhumain ! J'avais l'impression d'être un escargot. Mais je ne pouvais pas faire mieux avec son antique Chevrolet ! Et elle semblait heureuse, ce qui me réconfortait. Je ne pouvais physiquement plus la lâcher, ainsi, j'avais une main sur le volant (pour ne pas lui faire peur) et une main dans la sienne. Je prêtais peu attention à la route, je la connaissais par cœur. Je pouvais donc admirer le coucher du soleil en compagnie de mon soleil personnel. J'admirais ses cheveux qui voletaient par la fenêtre ouverte, les reflets du soleil sur eux produisaient une merveilleuse couleur cuivrée. Elle était encore plus belle que d'habitude. Nos doigts, toujours entremêlés, me procuraient une sensation rassurante.

J'avais réglé la radio sur ma fréquence favorite, celle qui diffusait des tubes des années cinquante. J'aimais beaucoup ces chansons, et j'en connaissais chaque parole.

----- - Tu aimes la musique des années cinquante ? me demanda-t-elle.
----- - Elle était très bonne, à l'époque. Bien meilleure que celle des deux décennies qui ont suivi. Pouah ! Au moins, c'est redevenu supportable à partir des années quatre-vingt.
----- - M'avoueras-tu jamais ton âge ?
----- - C'est tellement important ? Rigolais-je.
----- - Non, mais je ne peux m'empêcher de m'interroger... rien de tel qu'un mystère non résolu pour me donner des insomnies.

Me verrait-elle différemment si elle connaissait mon âge ? Connaissait mon histoire ? Ma rencontre avec Carlisle me revient alors en mémoire. Ce n'était pas un souvenir aussi précis que ceux que j'avais depuis ma transformation, quand on devient vampire, la mémoire humaine s'efface en partie, et les images que l'on en garde, sont beaucoup moins nettes. Elle semblait s'impatienter. D'ordinaire, c'était moi qui avais ce rôle. Je lui devais bien ça... je suis toujours en train de vouloir connaître la moindre de ses pensées... je peux bien lui raconter mon histoire...mais supporterait-elle un choc supplémentaire ? Je ne lui avais rien épargné aujourd'hui !

----- - Fais-moi un peu confiance, murmura-t-elle.

Je soupirais... elle avait raison, la confiance devait être réciproque entre nous. Je plongeais alors mes yeux dans les siens pour me donner du courage. Je vis dans ses yeux chocolat une confiance absolue en moi, que je ne pouvais pas décevoir. Je me tournais alors vers le soleil couchant, d'une part pour la rassurer sur ma conduite, et d'autre part, pour lui laisser assimiler mon histoire tranquillement.

Je commençais mon récit par ma naissance. C'était ce qu'elle désirait savoir en premier. Elle resta impassible au fait que j'étais né à Chicago en 1901, elle attendait la suite.

----- - Carlisle m'a trouvé au fond d'un hôpital à l'été 1918, j'avais dix-sept ans et j'étais en train de mourir de la grippe espagnole. Je n'en garde pas un souvenir très net. C'était il y a longtemps, et notre mémoire humaine s'estompe... en revanche, je me rappelle bien ce que j'ai éprouvé quand Carlisle m'a sauvé. Ce n'est pas une étape facile qu'on oublie.

Un instant, je craignis en avoir trop dit, mais heureusement, elle ne rebondit pas sur ce sujet.

----- - Et tes parents ?
----- - La maladie les avait déjà emportés. Je n'avais personne. C'est pourquoi il m'a choisi, d'ailleurs. Dans le chaos de l'épidémie, qui s'apercevrait que j'avais disparu ?
----- - Comment t'a-t-il... sauvé ?

Elle venait de poser la question que je voulais éviter ! Il fallait cependant que je lui réponde, même si j'aurais préféré gardé le silence... cependant, sa présence avait le don de m'apaiser, et c'est d'ailleurs pour cette raison que je lui en disais souvent plus que ce que je ne le voulais.

----- - ça n'a pas été simple. Rares sont ceux dotés de la retenue nécessaire. Mais Carlisle a toujours été le plus humain, le plus compatissant de nous tous... à mon avis, il n'a pas d'équivalent dans l'histoire. Pour moi, ça a juste été très, très douloureux.

Je ne voulais pas en dire plus sur ma transformation... je ne voulais pas lui donner d'idées... je n'oubliais pas qu'Alice l'avait vue transformée dans le futur... mais je voyais à ses yeux, que sa curiosité été loin d'être satisfaite ! Je l'embarquais alors volontairement loin du processus de transformation en vampire, pour lui expliquer le geste de Carlisle.

----- - Il a agi par solitude. C'est en général la raison qui préside cette décision. J'ai été le premier membre de sa famille, même s'il a trouvé Esmée peu après. Elle était tombée d'une falaise. Ils l'ont transportée aussitôt à la morgue de l'hôpital, bien que, par miracle, son cœur battît encore.
----- - Il faut donc être à l'agonie pour devenir un...
----- - Pas forcément. C'est juste Carlisle. Il n'imposerait jamais ce choix à qui aurait une autre solution.

Elle m'avait ramené malgré moi sur le sujet sensible... mais je voulais me rassurer, en me disant que jamais une telle idée ne lui traverserait l'esprit. Et au cas où, pour l'en dissuader, j'accentuais bien le fait que la dureté de l'épreuve était incomparable. J'en avais d'ailleurs un souvenir assez vif.

----- - Il dit cependant que c'est plus facile quand le sang est faible, ajoutais-je.

Pour clore le sujet, je fis mine de me concentrer sur la route. Bien que l'obscurité fût tombée, je voyais comme en plein jour.

----- - Et Emmett et Rosalie ?
----- - Rosalie a été la troisième. Ce n'est que bien plus tard que j'ai compris qu'il avait espéré qu'elle serait pour moi ce qu'Esmée était pour lui. (J'en levais les yeux au ciel ! m'imaginer en couple avec Rose était risible !) Mais je ne l'ai jamais considérée que comme une sœur. Deux ans après, elle a ramené Emmett. Elle chassait, nous habitions les Appalaches à l'époque, et elle est tombée sur un ours qui s'apprêtait à l'achever. Elle l'a porté sur plus de cent cinquante kilomètres pour le confier à Carlisle, parce qu'elle avait peur de ne pas y arriver elle-même. Je commence aujourd'hui seulement à me rendre compte combien ce voyage a dû être éprouvant pour elle.

Je repensais au jour où les pensées de Mike m'avaient affolé en voyant Bella tourner de l'œil à cause du test sanguin. Et j'essayais de multiplier ce sentiment d'angoisse par 100. Je me tournais alors vers ses prunelles tendres pour chasser cette impression de malaise. Je levais nos mains entrelacées, et effleurais sa joue.

----- - Et pourtant, dit-elle en détournant son regard, elle l'a accompli.
----- - Oui, chuchotais-je. Quelque chose chez Emmett lui en a donné la force. Ils sont ensemble depuis. Quelquefois, ils vont vivre ailleurs, en couple. Sauf que plus nous prétendons être jeunes, plus il nous est aisé de nous fondre dans un environnement. Forks nous ayant semblé idéal, nous nous sommes tous inscrits au lycée. (Le nombre de lycée que nous avons fréquenté était tellement impressionnant que j'en ris !). J'imagine que, d'ici quelques années, nous serons bons pour célébrer une nouvelle fois leur mariage.
----- - Alice et Jasper ?
----- - Tous deux sont des créatures extrêmement rares. Ils ont développé leur conscience, comme nous l'appelons, seuls, sans avoir été guidés par quiconque. Jasper appartenait à une autre... famille, très différente. (Ce n'était pas vraiment une famille, mais un clan. Mais je n'avais pas envie de rentrer dans ce genre de détail ce soir avec elle. Et je ne pensais pas qu'elle était prête à entendre ce genre de récit.) Dépressif, il en est parti. C'est Alice qui l'a trouvé. Comme moi, elle possède certains dons qui dépassent ceux dont notre espèce est normalement dotée.
----- - Ah bon ? Je croyais que tu étais le seul à pouvoir lire dans les pensées des gens ?
----- - Alice a d'autres talents. Elle voit. Ce qui risque d'arriver, ce qui va arriver. Mais c'est très subjectif. Le futur n'est pas gravé dans le marbre. Les évènements sont susceptibles d'évoluer au dernier moment.

Ma mâchoire se crispa et mes yeux se posèrent sur elle instinctivement. Elle en était la preuve vivante. Les visions d'Alice l'avaient vue morte. Soit tuée par moi, ou transformée en vampire. Et Dieu merci, il ne lui était rien arrivé de tout ça, et je veillerais à ce que les choses ne changent pas !

----- - Quel genre de choses voit-elle ?
----- - Jasper, par exemple. Elle a su qu'il la cherchait avant même qu'il ne s'en doute lui-même. Elle a aussi vu Carlisle et notre famille. Alors, ils nous ont rejoints tous les deux. Elle est particulièrement sensible aux non-humains. Ainsi, elle sait toujours quand d'autres individus de notre espèce approchent. Et s'ils représentent une menace.
----- - Et... vous êtes nombreux ? Balbutia-t-elle, ébahie pour de bon cette fois.
----- - Non, pas tant que ça. La majorité ne parvient pas à se stabiliser. Seul ceux qui, comme nous, ont renoncé à chasser les humains sont capables de vivre avec eux pendant un certain temps. Nous ne connaissons qu'un seul autre groupe comme le nôtre, dans un petit village de l'Alaska. Nous avons vécu ensemble pendant quelques temps, mais nous étions si nombreux que nous avons fini par éveiller les soupçons.
----- - Et ceux qui... sont différents de vous ?

Septième partie


----- - Des nomades pour la plupart. Nous avons tous connu ça, à un moment ou à un autre de notre existence. Comme tout, c'est une vie dont on finit par se lasser. Il arrive que nous en croisions, parce que, en général, les nôtres préfèrent le Nord.
----- - Pourquoi ?

Sa question provoqua un rire intérieur. N'avait-elle rien remarqué de choquant chez moi ? Comment arrivait-elle à être aveugle à ce point me concernant ? Je pris une seconde avant de répondre, pour calmer mon rire et ne pas la vexer. Après tout, nous étions entrain de nous faire des confidences... enfin plutôt moi. Nous étions dans l'obscurité de sa voiture, garée devant chez elle, sans aucunes lumières pour rompre notre intimité... et je ne voulais perdre aucune seconde de cet instant partagé avec elle, avant que Charlie ne rentre.

----- - Tu n'as donc rien remarqué, cet après-midi ? Tu crois que je pourrais arpenter des rues ensoleillées sans provoquer d'accidents ? Si nous avons choisi de nous établir dans la péninsule d'Olympic, un des endroits les plus humides du monde, il y a une bonne raison. Il est tellement agréable de sortir en plein jour. Tu n'imagines pas à quel point on se lasse de la nuit, à cent ans et quelques.

Toutefois, mes nuits devenaient de plus en plus agréables ces derniers temps... la regarder dormir était devenu mon passe temps favori.
Même baigné dans l'obscurité d'une nuit sans lune, je pouvais distinguer chaque détail de son doux visage. Ebloui par sa beauté, mon cerveau se mit à divaguer tout seul, prétextant que même la lune n'avait pas osé se montrer face à tant d'éclat.

----- - C'est de là que sont nées les légendes ?
----- - Sans doute.
----- - Et Alice, elle vient d'une autre famille, comme Jasper ?
----- - Non. Ce qui représente un vrai mystère, d'ailleurs. Elle n'a aucun souvenir de sa vie d'avant. Elle ne sait pas non plus qui l'a créée. Elle s'est réveillée seule. Celui qui l'avait façonnée avait disparu, et aucun d'entre nous ne comprend ni pourquoi ni comment. Si elle n'avait eu son don, si elle n'avait pas vu Jasper et Carlisle, elle serait probablement devenue une vraie sauvageonne.

Cette journée avait été très riche autant pour elle que pour moi... je n'oubliais pas cependant qu'elle était humaine, et qu'elle venait d'assimiler énormément d'informations, et de mon point de vue, elle en savait suffisamment pour le moment. Je décidais alors de ne pas relancer le sujet. Et comme pour me conforter dans mon choix, son estomac se mit à grogner.
Comment avais-je fais pour oublier une chose aussi essentielle pour elle ? Elle était humaine et par conséquent elle avait besoin de trois repas quotidiens, contrairement à moi !

----- - Je t'empêche d'aller dîner, m'excusais-je.
----- - Ne t'inquiètes pas pour moi.
----- - C'est la première fois que je passe autant de temps en compagnie de quelqu'un qui a besoin de se nourrir. J'avais oublié.
----- - Je n'ai pas envie que tu partes. S'empressa-t-elle de dire. Et à vrai dire, je n'en avais aucune envie.
----- - Tu m'inviterais à entrer ?

Nous pourrions alors rester ensemble plus longtemps, tout en répondant à l'appel de son estomac. Je m'en voulais déjà de ne pas lui avoir permis de se nourrir plus tôt, ainsi c'était un moyen de me rattraper.

----- - Ça te plairait ?
----- - Oui, si ça ne te pose pas de problème.

Cette fois je pris les devants en douceur. Pour me rattraper d'avoir été la cause de son malaise au retour de la clairière, j'allais me comporter en parfait gentleman humain. Je sortis de la voiture, et à une vitesse vampirique, pour ne pas lui laisser le temps de me doubler, je lui ouvris la portière.

----- - Voilà qui est très humain, me complimenta-t-elle.
----- - C'est en train de revenir, aucun doute.

Je l'accompagnais jusqu'au perron, elle ne put s'empêcher de vérifier si j'étais toujours à ces côtés. Que craignait-elle ? Que je me sauve en la laissant seule devant sa porte ? Jamais je ne ferais une chose pareille ! Son cœur s'emballait à chaque fois qu'elle posait les yeux sur moi... je ne m'en lasserai jamais. La noirceur de la nuit, n'avait aucun effet sur sa beauté, elle continuait de m'éblouir. Pour continuer sur mon côté gentleman, j'atteignis la porte avant elle, et la déverrouillait si vite, qu'elle ne vit rien. Elle parut alors choquée en me voyant lui ouvrir la porte.

----- - Le verrou n'était pas tiré ?
----- - Si. J'ai utilisé la clé cachée sous l'avant-toit.

Elle entra, alluma la lampe du porche et se retourna vers moi. Une lueur dans ses yeux me fit comprendre qu'elle me soupçonnait de lui cacher quelque chose...
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laure

loup-garou
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Localisation: Près de la rivière
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MessageSujet: Re: Suite Midnight Sun [fanfiction] Sam 20 Fév - 12:32

et voilà bonne lecture Verry happy
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manaë

vampire civilisé
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Localisation: Quelques part...
MessageSujet: Re: Suite Midnight Sun [fanfiction] Sam 20 Fév - 12:50

je viens de lire le 1er chapitre enfin le 13 on se comprends^^ ça me plait beaucoup
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laure

loup-garou
Féminin Age: 36
Localisation: Près de la rivière
Humeur: Ca dépend des jours
MessageSujet: Re: Suite Midnight Sun [fanfiction] Sam 20 Fév - 12:58

tu vas voir manaë le reste te plaira aussi du coup profites bien Smile
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Crys

Nomade
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Localisation: ben ici !! nonn là ! tu me vois pas ??
Com's: No comment Verry happy

MessageSujet: Re: Suite Midnight Sun [fanfiction] Sam 20 Fév - 15:50

je le relirais bientot depuis que je te l'ai donné j'ai pas relu.... Verry happy
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laure

loup-garou
Féminin Age: 36
Localisation: Près de la rivière
Humeur: Ca dépend des jours
MessageSujet: Re: Suite Midnight Sun [fanfiction] Sam 20 Fév - 16:01

allez au boulot alors caillotte wink
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Crys

Nomade
Féminin Age: 114
Localisation: ben ici !! nonn là ! tu me vois pas ??
Com's: No comment Verry happy

MessageSujet: Re: Suite Midnight Sun [fanfiction] Sam 20 Fév - 16:13

ouais mais pas ce jour j'ai trop mal au dos.... sad
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BellaSwan

Co-admin
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Localisation: Dans les bras de Rob !
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MessageSujet: Re: Suite Midnight Sun [fanfiction] Sam 20 Fév - 20:27

Je vais lire ça plus tard quand j'aurai un peu de temps et que j'aurai lu les 12 premiers chapitres de midnight sun... Je ne me suis pas risquée encore !!


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aliCe

vampire civilisé
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Localisation: a l'ouest de la france
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MessageSujet: Re: Suite Midnight Sun [fanfiction] Sam 20 Fév - 20:31

c'est tpi lare qui a ecrit ca???
je me le suis mis dans mes favoris pour le lire tranquileme,nt... d'ailleurs je vais m'y mettre apres avoir couché mon fils
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Invité

MessageSujet: Re: Suite Midnight Sun [fanfiction] Sam 20 Fév - 20:53

je viens de finir de lire le chapitre 13. maintenant il faut ke je m'attaque à la suite
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Lullaby

Nomade
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MessageSujet: Re: Suite Midnight Sun [fanfiction] Mar 23 Fév - 19:54

Uff y'en a des chapitres là, à voir, ça a l'air pas trop mal, je m'y mettrai quand j'aurai un peu de temps.
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Invité

MessageSujet: Re: Suite Midnight Sun [fanfiction] Mar 23 Fév - 20:51

J'en suis au chapitre 15 sixième partie (la dernière parti du dernier chapitre) et c'est pas mal

EDIT :

Voila, j'ai fini de lire la suite. Sommage qu'il n'y en n'a pas plus.
Merci Laure pour cette suite.

[EDIT MODO BellaSwan] : N'oublie pas qu'il y a la fonction EDIT quand tu veux ajouter quelque chose. C'Est pour éviter les doublons.
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bigoud

Volturi
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Localisation: reims
Emploi/loisirs: infirmiere
Humeur: cool
MessageSujet: Re: Suite Midnight Sun [fanfiction] Jeu 25 Fév - 7:35

ca a l'air t'etre pas mal!!je vais le lire ce we Smile
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laure

loup-garou
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Localisation: Près de la rivière
Humeur: Ca dépend des jours
MessageSujet: Re: Suite Midnight Sun [fanfiction] Sam 27 Fév - 16:30

de rien les filles mais c'est pas moi l'auteur hein, c'est même crys qui m'a filé cette fanfic mais j'ai aimé pouvoir prolonger le plaisir de midnight sun pour aller au moins jusqu'à la clairière j'espère vraiment que Stephenie le terminera qu'on ne reste pas sur notre faim ^^ du coup je n'ai fait que le messager Smile
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Suite Midnight Sun [fanfiction]

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